Rouxel Jean - mardi 29 janvier 2008
Les écarts constatés entre le lundi 24 et le vendredi 28 janvier, sur l’indice phare de la bourse de Paris, le CAC 40, obligent à parler non seulement d’un krach mais également d’une panique.
Il a fallu plus de cinquante ans aux meilleurs économistes pour apporter une explication circonstanciée à la crise « dite de 29 ». Il serait donc présomptueux de prétendre décrypter avec précision le chaos dont le spectacle est sous nos yeux. Il est cependant possible, et utile, de rappeler quelques vérités premières.
Depuis longtemps, un certain nombre d’hommes, presque tous issus de la sphère publique, s’imaginent pouvoir se libérer des lois économiques naturelles. Ils ont tour à tour proposé et imposé quelques billevesées toutes aussi mirobolantes les unes que les autres : l’entreprise sans entrepreneur (socialisme) ; le capitalisme sans capitaux (capitalisme « à la française ») ; l’investissement sans épargne (ou capitalisme « financier ») ; et enfin, la croissance durable, par la création monétaire…
Le fondement unique, évidemment fallacieux, de toutes ces innovations, réside tout entier dans la volonté d’hommes politiques sans scrupule, maniant à merveille la démagogie, de s’emparer, sans y avoir pourtant aucun droit, du contrôle de la sphère économique privée.
L’Occident tout entier marchait sur la tête. La capacité d’investir des pays riches dépend principalement de l’épargne des pays pauvres. Aux États-Unis comme en Europe, les banques les plus prestigieuses, avec des produits viciés, se sont mis en tête d’escroquer les plus pauvres… Avec un soi-disant filet de sécurité constitué par le robinet, toujours prêt à s’ouvrir, de l’émission monétaire, commandée par l’institution financière mondialement dominante qu’est la Réserve fédérale américaine.
En soutenant encore le pantin, on peut continuer, au moins pour quelque temps, à le faire marcher sur la tête. C’est par exemple le conseil donné au monde entier par le pitoyable apprenti sorcier français Dominique Strauss-Kahn, nouveau directeur général du FMI, quand il plaide pour de nouveaux déficits budgétaires, alors que la situation actuelle s’explique par l’accumulation de ceux-ci…
L’autre voie consiste à remettre l’économie d’aplomb, sur ses fondamentaux : en réhabilitant l’épargne, libérant les entrepreneurs, supprimant les déficits publics, remettant l’État à sa place. On pourra alors cesser d’utiliser la monnaie comme une arme anti-incendie, qu’elle ne doit pas être.
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