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Les retraites françaises face à l’Europe


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de Beaufort Hubert - lundi 26 décembre 2011

retraites
Les syndicats et une partie de l’opinion contestent la réforme des retraites voulue par le gouvernement français et récusent le passage de 60 à 62 ans du départ à la retraite.

Que se passe –t-il en réalité et qui est heureusement incontournable ? Depuis un demi siècle notre espérance de vie augmente de trois mois par an et cette courbe bénéfique semble vouloir durer. En 2010 un retraité français profite en moyenne durant 24 ans de sa retraite contre 20 ans pour les autres Européens.

En 2010, l’âge légal de cessation d’activité était de 60 ans en France contre 65 ans en Allemagne, en Angleterre, en Espagne et en Italie.

Que se passera-t-il en 2020 ? L’âge légal de départ serait de 62 ans en France, de 67 ans en Allemagne et en Espagne, de 68 ans au Royaume-Uni et de 69 ans en Italie. Les plus de 60 ans, qui représentent déjà 20 % de la population, seront plus de 25 % en France, 30 % en Allemagne.

Si l’arithmétique démographique est incontournable pour l’ensemble des Européens, la question de fond est bien entendu celle du financement, puisque dans tous les systèmes de répartition nous avons de plus en plus de retraités. Il n’existe donc que deux solutions : augmenter la durée de cotisations ou fiscaliser les déficits, qui atteignaient déjà plus de 30 milliards d’euro en 2010 chez nous.

En France, l’opposition réclame de ressources nouvelles provenant du secteur financier. La fiscalité ne doit pas être écarté à priori, mais à une condition : qu’elle ne soit pas confiscatoire et surtout qu’elle ne paralyse pas les secteurs productifs, agriculture et industrie, qui fournissent à la fois l’emploi et la vraie richesse, les deux mamelles d’une fiscalité productive nécessaire au paiement des retraites

Malheureusement, nous conjuguons quatre handicaps :

  1. Une désindustrialisation qui nous a fait perdre 1,5 millions d’emplois en 25 ans. Notre industrie pèse désormais à peine 50 % de celle de l’Allemagne.

  1. Des prélèvements les plus élevés d’Europe avec 45 % du PIB.

  1. Des déficits budgétaires structurels supérieurs à 5 % du PIB et un déficit de la balance commerciale de 2 % du PIB.

  1. Une fuite des capitaux et des élites intellectuelles qui préfèrent partir vers des cieux fiscaux moins confiscatoires.

Cela nous amène à demander d’abord deux priorités : restaurer notre système productif et faire comprendre à nos concitoyens que notre système de retraites ne peut récuser une évidence admise par tous les Européens.

Nous vivons mieux et plus longtemps : tant mieux, mais acceptons-en les conséquences.


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