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Les spéculateurs anticipent la fin de l’euro |
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Trémeau Bernard - mercredi 23 novembre 2011
euro, dollars
Les Allemands veulent bien payer pour les dettes de la Grèce, à condition que les Grecs présentent un plan crédible de remise en ordre de leur économie. Mais ils refusent de le faire pour les autres pays. Ils ont ainsi une position différente de la France qui était prête à payer pour tout le monde.
Les responsables politiques de l’Europe étant divisés sur ce point essentiel, les banquiers qui observent l’économie (les « spéculateurs ») pensent que l’euro ne peut plus durer bien longtemps. Un retour aux monnaies nationales leur paraît de plus en plus évident. Le marché déterminera les valeurs relatives des monnaies. On estime actuellement à 20 % la surévaluation du franc par rapport au mark. Les banquiers agissent en conséquence. Ils spéculent.
Il existe un excellent moyen d’être informé de leur opinion. Comme, depuis des années, la France et l’Allemagne dépensent plus d’argent qu’elles n’en gagnent, elles sont obligées d’emprunter sans arrêt. Elles le font tous les jeudis. Elles émettent des obligations d’État appelées bon du Trésor en France et bund en Allemagne. Les banquiers mondiaux leur prêtent l’argent demandé, mais à des taux d’intérêts différents. Car ils pensent que le risque couru en prêtant de l’argent à la France est plus grand que le risque couru en prêtant de l’argent à l’Allemagne.
Par ailleurs, si la zone euro explose, il vaut mieux posséder des bunds allemands qui ne perdront pas de leur valeur, plutôt que des bons du Trésor français qui perdront environ 20 % de leur valeur. Les spéculateurs vendent donc leurs bons du Trésor français et achètent des bunds allemands.
L’évolution, depuis fin 2007, des valeurs relatives attribuées à ces obligations d’État s’est faite en 5 étapes distinctes.
1) De décembre 2007 (date du traité de Lisbonne) à octobre 2008 (krach boursier des subprimes), les spéculateurs pensent que l’euro a encore un solide avenir devant lui : ils ne spéculent donc pas. Les taux d’intérêts payés pour les obligations allemandes ou françaises sont donc identiques.
2) D’octobre 2008 à juillet 2009, la crise des subprimes a montré à un nombre relativement important de banquiers qu’un éclatement de la zone euro devenait une hypothèse crédible. L’écart des taux d’intérêts payés pour les obligations françaises et allemandes est monté à 20 % environ.
3) De juin 2009 à juillet 2011 (réunion du G20 à Bruxelles, le 12 juillet, puis sommet européen, le 21 juillet, à Bruxelles), le calme semble revenu. Mais les obligations allemandes restent cotées environ 10 % au-dessus des obligations françaises. Un petit nombre de spéculateurs pense donc qu’une disparition de l’euro reste toujours possible.
4) Du 21 juillet 2011 (sommet européen à Bruxelles) au 27 octobre 2011 (discours du président Sarkozy annonçant que la France allait mettre en place une politique rigoureuse de réduction de la dette), il ne se passe pratiquement pas une journée sans qu’une réunion entre les dirigeants politiques, syndicaux ou monétaires des pays européens ait lieu. Pendant ces deux mois, la différence entre le taux des intérêts payés par la France et par l’Allemagne passe de 10 % à 50 %. Mais, après chaque nouvelle réunion, les cours augmentent ou baissent brutalement, et de façon parfois très importante. Les marchés hésitent.
5) Depuis le 1er novembre 2011 (discours de Nicolas Sarkozy), les marchés ont acquis la certitude que les pouvoirs politiques européens ont décidé de conserver l’euro sans modifier les parités liant les anciennes monnaies entre elles. Mais qu’un désaccord profond existe entre la France et l’Allemagne. Il est donc, pour eux, évident que la zone euro doit exploser dans un avenir très proche. D’autant plus qu’un chômage important plombe l’Europe et que les mesures annoncées vont aggraver ce chômage. Les banquiers vendent donc massivement leurs obligations françaises pour acheter des obligations allemandes. Entre le 31 octobre et le 17 novembre, l’écart des taux d’intérêts passe de 50 % à 115,6 %.
Les marchés mondiaux disposent de centaines de milliards de dollars. La France et l’Allemagne n’ont pas les moyens financiers et politiques de s’y opposer.
Mais rien n’empêche les pays européens de modifier demain, s’ils le veulent, les parités fixes liant leurs monnaies entre elles. La spéculation contre l’euro cessera alors immédiatement.
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Matignon
Le budget du Service d’information du gouvernement, dépendant du Premier ministre, était de 27 millions en 2011 (contre 5,6 millions d’euros en 2009).
Chiffres significatifs
PV > Environ 26 millions de procès-verbaux sont établis chaque année pour infraction au code de la route, dont la moitié pour stationnement illicite.
Libye > En 2010, la Libye a produit 1,55 million de barils de pétrole par jour, ce qui en faisait le 9e plus important producteur de l’OPEP. Mais, durant le conflit, la production est passée sous la barre des 4 % de cette production de 2010.
Chine > Le solde commercial de la Chine s’est élevé à 25 milliards de dollars en juillet dernier.
Alcool > La Fédération des exportateurs de vins et spiritueux s’attend à vendre pour 10 milliards d’euros de marchandises à l’étranger, soit 12 % de plus qu’en 2010.
Étudiants > Seuls 6 % des étudiants jugent leur état de santé insatisfaisant.
Musique > Bien que le marché français de la musique soit en baisse (5,6 %) au cours des neuf premiers mois de 2011, les ventes numériques ont augmenté de 22,7 %
Corée > La Corée du Nord compte 800 000 abonnements au téléphone portable, soit 170 % de plus qu’il y a un an.
Mineurs > La France abrite au moins 6 000 mineurs étrangers isolés, c’est-à-dire sans parents (chiffre officiel), et il en arrive plusieurs centaines chaque année.
Dette > La France a levé 201,8 milliards de dette de moyen et long terme depuis le début de l’année |
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