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Les syndicats preneurs d’otage


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Lance Pierre - mercredi 21 janvier 2009

greves
Petits glandeurs de banlieues insensibles, j’ai un « trip » superspeed à vous proposer, un forcing médiatique à la portée du premier débile venu, un truc génial à mise en scène hollywoodienne, avec des dizaines de milliers de figurants, et qui fera pâlir d’envie Spielberg soi-même sans vous coûter le moindre kopeck.

Voici le plan clef en main : Vous vous placez au bout du quai du RER ou du métro, ou d’un TER, peu importe, côté tête de la rame et vous attendez tranquillement l’arrivée du train. En général, le conducteur tient sa fenêtre ouverte et le bras appuyé dessus. Dès que le train s’arrête, vous vous approchez négligemment de l’employé et vous lui collez une bonne baffe en le traitant de fils de p… Puis, vous disparaissez dans la foule en sifflotant et vous n’avez plus rien à faire : les syndicats s’occupent de tout !

Une heure plus tard, le trafic est complètement paralysé, des milliers de salariés fatigués qui espéraient rentrer chez eux battent la semelle dans un froid glacial pendant que leurs familles s’inquiètent, que le dîner refroidit et que les enfants pleurent.

Mais vous, bon à rien certifié « en difficulté », vous vous régalez devant votre télé du spectacle grandiose d’une immense foule sinistrée et du désastre collectif qui vient de frapper soudain l’une des plus belles villes du monde, plongée dans le chaos par un seul geste de vous. Pour un impuissant total, quelle bandaison, ma chère ! C’est le pied ! Naturellement, ce scénario fonctionne aussi bien avec un chauffeur d’autobus, que ce soit à Paris, à Lyon ou à Marseille. Je vous recommande même Marseille, où la paralysie complète est absolument garantie, vu que la solidarité des travailleurs y est sans faille.

J’ai dit « solidarité » ? Pardon, c’est un abus de langage ! La vraie solidarité, c’est le civisme, le souci des autres travailleurs, la sollicitude bienveillante envers les mères de famille qui doivent passer prendre leurs petits à la crèche, envers ceux qui ont attrapé la grippe ou une gastro-entérite et qui tremblent de fièvre, envers tous ceux qui, pour un motif quelconque pouvant être parfois d’une extrême gravité, voient soudain leurs prévisions bouleversées, leur emploi du temps massacré, leur liberté citoyenne réduite à néant. Par qui ? Par des syndicalistes mafieux et despotiques, des preneurs d’otages qui ne sont solidaires que de leur petite coterie arrogante et lâche et qui se soucient comme de colin-tampon des malheurs qu’ils peuvent causer.

Des malheurs ? Lance, vous exagérez ! Mais non camarade, pas le moins du monde. Car lorsque la gare St Lazare doit fermer ses portes sans préavis et que 400 000 Franciliens se retrouvent le bec dans l’eau, à qui fera-t-on croire qu’il n’y a pas parmi eux au moins dix citoyens, peut-être cent, si ce n’est mille, qui se retrouvent dans une situation dramatique ?
Il suffit d’un peu de sensibilité et d’imagination pour deviner aussitôt une maman anxieuse pour son enfant malade, un fils qu’on avait appelé d’urgence au chevet de sa mère mourante, une épouse délaissée qui voulait tenter justement ce soir-là de reconquérir son mari, le surendetté que l’huissier devait saisir demain et qui courait demander à un fidèle ami de le dépanner in extremis… Que sais-je encore ?

Mais les esprits mesquins focalisés sur leur nombril sont bien incapables de songer à de telles éventualités. Y songeraient-ils, d’ailleurs, qu’ils s’en moqueraient bien. Qu’en ont-ils à cirer de leurs compatriotes ? La grève surprise, c’est pas fait pour les chiens, mais pour les asociaux qui prennent plaisir à emm… tout le monde sans sommation.

Nicolas Sarkozy a déclaré que le syndicat Sud-Rail, initiateur de cette chienlit, avait eu un comportement irresponsable. C’est vraiment le moins qu’on puisse dire.

Quant à moi, je considère ces syndicalistes comme étant des monstres d’égoïsme qui, sous prétexte qu’un des leurs avait été agressé (on s’est d’ailleurs bien gardé de nous dire en quoi consistait cette « agression », probablement mineure), n’ont pas hésité à agresser eux-mêmes sans le moindre scrupule 400 000 de leurs concitoyens paisibles et innocents.

En réalité, ces syndicalistes maîtres-chanteurs sont en train d’assassiner le droit de grève, qui deviendra insupportable si de tels abus se reproduisent.

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En bref
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 L’investissement publicitaire télévisé a fortement chuté si l’on compare la semaine du 5 janvier 2009 et celle du 7 janvier de l’année précédente. La chute est de 15 % sur l’ensemble des télévisions ; elle est même de 24 % pour les télévisions nationales. Les plus grandes chaînes sont les plus touchées : 26 % pour TF1 et 48 % pour FR2. M6 (-11 %) et FR3 (-18 %) s’en tirent mieux. Seul Canal+ tire son épingle du jeu : ses investissements publicitaires bruts ont au contraire augmenté de 12 %. Mais cela reste loin des +38 % des chaînes de la TNT et du câble…

Medias
Horaires > En 2008, les horaires d’affluence record pour la télévision se situaient entre 21 h 15 et 21 h 30, avec 24,67 millions de téléspectateurs en moyenne du lundi au vendredi ; 20,95 millions le samedi ; et 24,95 millions le dimanche.

Radio France > Les différentes radios du groupe Radio France attirent un auditeur français sur quatre.

Sport > En novembre, les deux nouveaux quotidiens sportifs ont obtenu 37 279 exemplaires vendus pour « Aujourd’hui Sport » et 47 685 pour « 10 Sport ».

AFP > Le bénéfice de l’Agence France Presse pour 2008 devrait s’approcher de 3,5 millions d’euro, pour un chiffre d’affaires de l’ordre de 260 millions, dont 40 % proviennent des abonnements étatiques.

Nomination > « J’aurais mauvaise grâce à être choqué du nouveau procédé de nomination des présidents de l’audiovisuel public, puisque j’ai été nommé par décret du Président de la République ! » (Alain de Pouzilhac, pdt de l’audiovisuel extérieur)




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