Lévy Gabriel - dimanche 10 janvier 2010
islamistes, terrorisme
« Le pouvoir leur fut donné sur le quart de la terre, pour faire périr les hommes par l'épée, par la famine, par la mortalité." (1)
Nous ne pourrons pas reprocher au pape actuel son silence devant le danger extrême du terrorisme : « Le terrorisme, quelle qu’en soit l’origine, est un choix pervers et cruel, qui bafoue le droit sacro-saint à la vie et qui sape les fondements mêmes de toute convivialité sociale » (2). Malheureusement, la condamnation ne suffit plus et la répétition des actes terroristes doit nous inciter à les analyser pour les prévenir.
Trois observations au sujet de l’acte le plus récent – la tentative d’attentat contre un avion assurant la liaison entre Amsterdam et Détroit :
1°) Les 278 passagers, de nationalités diverses, auraient été victimes d’un terrorisme aveugle. Des « victimes innocentes » comme le disait naguère un de nos premiers ministres (M. Barre), ne prévoyant pas que le terrorisme n’épargnerait personne.
2°) Le terroriste, M. Abdul Mudallad, avoue être un adepte du réseau arabo-islamique d’Al- Qaida. Il n’invoque aucun conflit précis se déroulant au Moyen ou au Proche-Orient, comme par exemple la situation à Gaza.
3°) Il est issu d’une famille aisée ; son pays n’est pas occupé par une armée occidentale ; son père et lui-même sont ce que l’on peut appeler des intellectuels.
Trois observations aussi, relatives aux attentats permanents en Irak, au Pakistan, au Yémen, en Indonésie :
1°) Ils détruisent des milliers de vies humaines et sont le plus souvent exécutés par des kamikazes.
2°) Sauf erreur de notre part, cette méthode d’attentats n’est employée que par des individus issus du monde arabo-musulman. Ils se réclament d’une idéologie fondée sur la conquête et le djihad qui, en définitive, nous concéderait la dhimmitude.
3°) Ils ne visent pas forcément des troupes d’occupation, ni des « occidentaux », mais le plus souvent leur propre communauté nationale ou religieuse, sunnite ou chiite. Le fait que ces attentats se déroulent dans des mosquées le jour de la prière, sur des stades au cours d’un match ou sur des marchés, les rend intentionnellement très meurtriers…. et totalement incompréhensibles pour nous.
Trois déductions :
1°) L’existence de déviants pour lesquelles la vie humaine est négligeable doit nous inquiéter. L’acte isolé est plus dangereux que les actions organisées. Le premier, spontané et imprévisible, n’exige pas la minutie de la préparation du second et le rend moins susceptible d’être découvert avant son exécution.
Or, l’enseignement de la haine de l’occident dans certains manuels scolaires a pris une telle ampleur que le nombre de fanatiques (ou de décérébrés) devient considérable. Il faut donc mettre fin à ces complaisances, qui non seulement nous mettent en danger, mais de plus témoignent d’une soumission prématurée humiliante, « d’une reddition préventive » (Guy Millière).
2°) La ferveur des nouveaux convertis, Polyeucte des temps modernes, augmente encore le nombre de candidats au suicide. Ils sont d’autant plus dangereux qu’ils disposent, pour de multiples raisons, de plus grandes facilités de déplacement. La vigilance doit s’exercer sur les officines à conversion.
3°) Le monde occidental ne peut plus vivre « hors de toute convivialité sociale » (Benoît XVI).
Il ne peut plus vivre dans la crainte de s’exprimer et la hantise de se déplacer.
Il ne peut pas accepter l’effondrement de son économie pour se prémunir contre les attentats.
Il ne suffit pas de soumettre à des contrôles accrus « les voyageurs provenant de quatorze pays tiers considérés comme des soutiens au terrorisme » (3). Il faut rompre avec les pays qui abritent des terroristes et les financent, ainsi qu’avec ceux qui se montrent incapables d’en venir à bout (4). Il faut soutenir les gouvernements qui luttent pour éviter leur propre subversion et, dans nos pays, les personnalités religieuses modérées qui condamnent ces crimes.
Si « l’apocalypse » est inévitable, au moins aurons-nous tenté de la retarder.
1- Apocalypse de Jean, verset 6.
2- Rencontre du Pape avec les représentants musulmans à l’archevêché de Cologne. Décembre 2005.
3- Le Figaro du 4 janvier 2010.
4- La France accorde 500 millions d’euros au Liban (Le Figaro, 23 décembre 2009), pays dont les nationaux figurent sur la liste des voyageurs soumis à un contrôle accru, et dont une faction, qui dispose de ministres dans son gouvernement, entretient une milice armée.
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