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Les terroristes islamistes préfèrent les socialistes pacifistes…


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Rouxel Jean - mardi 23 mars 2004


Sur le moment, au matin du jeudi 11 mars, dans la désolation furieuse des ruines des attentats terroristes de Madrid, tout accusait l’ETA, en particulier l’absence apparente de kamikaze. Mais très vite, dès le soir du même jour, un doute apparaissait et la piste islamiste d’Al-Kaïda devait être privilégiée par rapport à la piste basque, sans exclure d’ailleurs une collusion entre les deux organisations, qui se connaissent et se sont même un temps fréquentées…

Le gouvernement de José Maria Aznar s’est un peu trop longtemps accroché à la piste basque. Ce qui est apparu comme une forme de mensonge, une tentative de manipulation, à l’égard d’un électorat qui, pour être majoritairement de droite, et satisfait du bilan économique du Président du gouvernement sortant, n’en était pas moins en désaccord avec sa politique extérieure.

José Maria Aznar a certainement vite compris que cet attentat, au plan politique, le visait personnellement. Et c’est ce qu’il n’a pas voulu immédiatement admettre ! C’est ce qui l’a perdu. Mais on aura noté avec quelle rapidité ses adversaires politiques socialistes se sont mobilisés pour quasiment lui attribuer la responsabilité des attentats, sans aucune pudeur.

En démocratie l’opinion n’a pas toujours raison, mais il vaut mieux compter avec elle. Il faut donc tenir compte du fait que les différentes opinions publiques occidentales sont plutôt enclines à pactiser avec les terroristes qu’à leur tenir tête. La peur commande les foules.

Si la position officielle de l’Espagne sur l’affaire irakienne sert apparemment de prétexte, cela signifie qu’aucun pays ne pourra plus prendre de position susceptible de déplaire aux islamistes radicaux, sans être l’objet d’une sorte de fatwa.

Même l’Amérique semble touchée par cette vague pacifiste, avec un George Kerry, qui, dans les élections primaires, vole de succès en succès. Aujourd’hui la réélection de George W. Bush n’est plus du tout certaine.

Les socialistes français se sont mis immédiatement dans la roue de leurs collègues socialistes espagnols : ils appellent depuis lundi les électeurs à sanctionner le gouvernement Raffarin comme les espagnols ont sanctionné Aznar. Le fait que Jacques Chirac a été plus pacifiste qu’eux encore, si c’est possible, ne les trouble en rien. Ce qui démontre, s’il en était besoin, que, pour les politiciens, tout est bon pour servir d’argument ! Ce sont tous des menteurs !


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