|
|
Les troubles sociaux remplaceront les dévaluations |
|
Trémeau Bernard - mercredi 21 novembre 2007
inflation
La situation actuelle de la France est grave. D’un côté, le gouvernement fait des réformes qui vont dans le bon sens, mais du fait des oppositions qu’il rencontre, il avance avec un train de sénateur. De l’autre, les responsables syndicaux semblent conscients de la gravité de notre situation, mais ils sont débordés par leur « base », et pour ne pas se couper d’elle, ils en rajoutent.
La France n’est donc plus un pays de droit, mais un pays où la « rue », une minorité, impose par la violence « sa vérité ». Et finalement, la rue a peut-être raison… Car les responsables de la France semblent ne pas comprendre ce qui se passe et ne font pas ce qu’ils devraient faire d’urgence.
Quand un système à parité fixe lie deux monnaies, les entreprises du pays où l’inflation par les coûts est la plus importante sont de moins en moins compétitives : leurs coûts de production sont en effet de plus en plus élevés. Elles ne trouvent plus de clients et ont de moins en moins d’argent pour payer leurs salariés ou pour investir. La balance commerciale se creuse. Tout cela est parfaitement logique.
Si une dévaluation est effectuée à temps, tout rentre rapidement dans l’ordre, et les entreprises retrouvent leur compétitivité. Mais si, pour des raisons politiques, les gouvernements liés par la parité fixe tardent à dévaluer, une « crise monétaire » survient. Citons la crise mexicaine en 1994, la crise asiatique en 1997, la crise brésilienne en 1999 ou la crise argentine en 2001. Une tempête politico financière submerge le pays à forte inflation. Des troubles sociaux de plus en plus violents apparaissent, exigeant souvent l’intervention de l’armée.
Les pays de la zone euro sont unis par une monnaie commune. La Banque Centrale Européenne (BCE) maintient avec efficacité l’inflation de cette nouvelle monnaie en dessous de 2 %. Elle régule pour le faire la quantité d’euros qu’elle met sur le marché. Quand l’inflation menace, elle met moins d’euros sur le marché.
Les dévaluations nous manquent
Mais une banque centrale ne peut pas empêcher un pays d’avoir une forte inflation par les coûts. Or plus l’inflation par les coûts est importante, plus la banque centrale réduit la quantité de monnaie qu’elle met sur le marché. Plus notre pouvoir d’achat stagne. J’ai eu, la semaine dernière, sur ce point précis, un échange avec Jacques Attali qui semble d’accord avec moi. L’inflation par les coûts est donc responsable d’une partie du chômage en Europe.
Une monnaie commune n’est qu’un système à parité fixe un peu spécial, où par exemple, la dévaluation est impossible… Or la monnaie commune n’interdit pas à un pays d’avoir une inflation par les coûts plus forte que son voisin. Or, depuis 1999 et la naissance de l’euro, la France augmente régulièrement son inflation par les coûts, alors que l’Allemagne ou l’Irlande la diminuent au contraire. Les entreprises françaises sont de moins en moins compétitives. Les Français achètent des produits étrangers et la balance commerciale se détériore chaque mois un peu plus. Nous exportons notre activité économique en Allemagne.
Avant l’euro, le franc était lié aux autres monnaies européennes par une parité fixe, et sagement, les gouvernements se mettaient d’accord pour dévaluer à temps. Plus d’une dévaluation tous les trois ans rétablissait les parités monétaires. Signalons cependant qu’en septembre 1992, les pays européens unis dans le SME avaient trop tardé à réévaluer les parités, en particulier la parité liant la livre sterling anglaise aux monnaies européennes. Le 16 septembre 1972, le financier Georges Soros a alors spéculé victorieusement contre la livre anglaise.
Depuis l’euro, plus aucune dévaluation n’est intervenue Or, huit ans se sont écoulés. Donc au moins deux dévaluations auraient dû avoir lieu pour éviter une crise. Mais avec une monnaie unique, on ne peut plus dévaluer. Tout est en place pour que des troubles sociaux très graves surviennent. On comprend que les syndicats aient peur et deviennent les alliés du gouvernement…
5 commentaires - Ecrire un commentaire
|
Best-sellers
« Règlement de comptes », de Julien Dray, est le livre politique le plus vendu de la saison - 95 000 exemplaires - devant « La défaite en chantant », de Claude Allègre (78 000).
chiffres significatifs
Bougeotte > En six mois de présidence, Nicolas Sarkozy a effectué plus de 40 déplacements, dont une vingtaine à l’étranger. Jacques Chirac en avait fait 55 sur toute l’année 2006.
Resquille > 50 millions de personnes de 16 ans et plus résident en France, mais 60 millions de cartes Vitale y circulent, soit 10 millions de fausses cartes.
Catholicisme > En 1970, 80 % des enfants naissants en France recevaient le baptême contre 50 % aujourd’hui.
Islam > En France métropolitaine s’ouvre un lieu de culte musulman par semaine, selon le ministère de l’Intérieur.
Laxisme > En 2007, l’État devrait dépenser 75 millions d’euros pour héberger à l’hôtel, majoritairement en Région parisienne, 12 500 personnes, dont un quart sont des demandeurs d’asile, et la moitié, des étrangers en situation irrégulière.
Pannes > Dans l’armée de l’Air française, plus d’un avion de chasse sur deux est indisponible : il ne peut pas être mis en œuvre dans un délai de six heures.
Motorisation > En France, 40 % des trajets effectués en véhicule font moins de 3 km.
Armement > Les Américains préparent un engin hypersonique qui évoluera dans l’espace à 6 fois la vitesse du son et larguera 1 554 tonnes de bombes en quelques minutes. |
|
|
|