de Beaufort Hubert - vendredi 19 août 2011
petrole
Le prix du baril de pétrole est en baisse. En juin, il l’était déjà, suite à la décision de l’Agence Internationale de l’Energie (l’AIE), de puiser 60 millions de barils dans les réserves stratégiques. Quels sont la signification et l’impact de cette décision ?
Pour peser sur le prix du baril qui flirtait souvent avec les 120 dollars, l’AIE a donc proposé aux 27 pays membres de puiser dans leurs réserves stratégiques, qui devraient représenter trois mois de consommation. L’apport décidé devait être de 2 millions de barils jours sur une production de 83 millions de barils et cela durant un mois.
50 % de cet apport devait provenir des USA, 30 % de l’Europe et 20 % de l’Asie. Si la baisse du baril n’était pas suffisante, l’opération serait renouvelée.
Excusez nous encore une fois de parler chiffres, mais en ce domaine, on se doit d’en retenir quelques uns pour comprendre la signification de la décision exceptionnelle qui a été prise. La production mondiale se montant à $ 83 millions de barils/jour, les 60 millions de barils débloqués représentent donc moins d’une journée de production et les 4 milliards de barils de réserves stratégiques ne couvrent en réalité non pas trois mois, mais moins de deux mois de consommation.
L’AIE souligne que le manque de production provient de la Libye et de son 1,6 million de baril manquant. L’argument est partiellement exact, mais le New York Times y voit quant à lui une décision venant de Washington et prise pour des raisons politiques, à 15 mois de l’élection présidentielle, car aux USA, « vous ne pouvez pas être élu avec un gallon d’essence (3,71 litres), à 4 dollars ! »
Les Saoudiens maîtres du jeu
Mais c’est au niveau géopolitique qu’il faut surtout analyser les tenants et aboutissants de la décision de l’Agence Internationale de l’Energie. Partout, sauf en Arabie saoudite, les productions sont au maximum de leur potentialité, alors que les besoins des pays en développement, à commencer par la Chine, sont croissants. Le fameux peak-oil, date à laquelle les nouvelles découvertes ne compensent plus les consommations, serait atteint.
Dans un tel contexte, l’AIE tire avec un fusil à un coup, puisque les réserves stratégiques ne sont en réalité que des mini réserves. Le journal Le Monde soulignait que la décision de l’AIE risquait d’être interprétée comme un symptôme de tensions à venir et risquait d’alimenter une tension à la hausse.
Au moment où guerres et révolutions bouleversent le Moyen Orient, l’Arabie saoudite se trouve plus que jamais maîtresse du jeu. Elle le sait et a fait savoir, à propos de l’affaire palestinienne, qu’elle n’hésiterait pas, à la session de l’ONU de septembre, à montrer son influence.
Les Américains pourraient agir : ils consomment 25 % de la production mondiale de pétrole, avec une consommation par tête double de celle d’un Européen. Sont-ils prêts à une réduction progressive de ce mode d’énergie, avant qu’une crise violente n’oblige à une économie de guerre ?
Information et éducation, une fois encore, se révèlent indispensables.
0 commentaires - Ecrire un commentaire
|