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Les vraies priorités françaises


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de Beaufort Hubert - vendredi 11 février 2011

fiscalite, chomage
En ce début d’année, où que les vœux des hommes politiques se sont accumulés, la perplexité, pour ne pas dire l’inquiétude des Français reste entière. Deux priorités ressortent des sondages : le chômage et le pouvoir d’achat. Dans un monde ouvert, les données macroéconomiques objectives ne peuvent être dissimulées lorsque l’endettement du pays avec ses 1 600 milliards d’euro oblige à ouvrir la réalité des comptes à nos collègues européens et à nos créanciers.

Que doit-on malheureusement constater ? Depuis 25 ans nous accumulons les déficitsmalgré des prélèvements record et un chômage réel qui touche en réalité quatre millions de nos concitoyens.

Le budget 2011 et la campagne présidentielle 2012 pourraient amorcer des diagnostics objectifs de part de nos responsables : c’est malheureusement rarement le cas. Les uns veulent rassurer, les autres laisser croire qu’il existe des gisements de prospérité en taxant les entreprises et les plus fortunés. On réinvente même les boucs émissaires à partir de quelques scandales certes répréhensibles, mais sans relation avec la macroéconomie.

Où se situe l’essentiel de nos difficultés présentes et futures ?

Dans deux chiffres :

1- Les dépenses publiques représentent en France 56 % du PIB (1 200 milliards d’euro) contre 48 % en Allemagne. Nous dépensons 160 milliards d’euro de plus que notre voisin alors que notre chômage est plus important que le sien.

2- Notre industrie, qui se réduit d’année en année, ne représente plus que la moitié de celle d’outre Rhin. Conséquence de cette hémorragie : notre commerce extérieur est déficitaire et celui de l’Allemagne, largement bénéficiaire.

Produire à nouveau de la richesse

Devant le constat des chiffres, un débat politique responsable consisterait à se demander comment réduire la dépense publique de 160 milliards d’euro, dépense qui a fait disparaître 1,5 million d’emplois industriels et la richesse qu’ils fabriquaient. Faut-il rappeler une vérité de bon sens ? On ne peut distribuer que la richesse produite et non de la dette.

Inventer chaque année de nouveaux impôts et augmenter ceux qui existent est suicidaire pour le pays : les entreprises délocalisent et les capitaux cherchent des cieux plus cléments. Face au challenge de 160 milliards d’euro à économiser, que signifie le débat sur les niches fiscales ?

La pauvreté gagne malheureusement du terrain : 1/3 de Français terminent le mois avec moins de 100 euro. Redonner l’espérance en ce début d’année, c’est expliquer qu’il faut produire à nouveau de la richesse en s’en donnant les moyens.

160 milliards de dépenses en moins pour retrouver la croissance et l’emploi à l’image de nos voisins : espérons que nos leaders ont conscience du défi et se battront pour y répondre. Rappelons que l’Asie, avec la Chine comme leader, estime l’Occident dans une phase descendante, pour ne pas dire décadente, et que son agence de notation estime que la note triple A (AAA) française est imméritée.

Nos créanciers sont vigilants et demandent le redressement de notre économie et de nos comptes. L’heure n’est donc plus aux promesses de distribuer de futures dettes ou de taxer des riches de moins en moins nombreux, mais à la reconstruction de vraies richesses : le pari est difficile. La France a réussi la reconstruction de l’après-guerre. Le défi 2011 de la rénovation est à notre portée et nous pouvons y répondre, c’est plus que mon souhait, c’est ma certitude si nous trouvons en 2012 les leaders qui proposerons les voies du redressement.

Hubert Beaufort,

Avec l’aimable autorisation de Radio Notre-Dame


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