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Lettre à mon ami africain


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Lance Pierre - mercredi 14 juin 2006


Mon Ami, Je t’ai vu l’autre jour dans un reportage télévisé filmé au Gabon. Tu es un grand garçon sympathique d’environ 25 ans, bien bâti et bien musclé sous ta peau noire, et tu répondais en souriant de toutes tes superbes dents au reporter qui te demandait quels étaient tes projets d’avenir.

Tu lui répondis très franchement : « Je veux aller en France. Ici, il n’y a pas d’avenir. » Et deux autres garçons de ton âge qui étaient auprès de toi opinèrent du chef, montrant par là qu’ils étaient disposés à t’imiter. Comme je présume que les réponses eussent été identiques dans n’importe quel village d’Afrique, sauf que le pays choisi eût pu être la Grande-Bretagne, la Belgique, l’Italie, l’Espagne, l’Allemagne…, les Européens sont donc prévenus de ce qui les attend. En revanche, je crains fort, mon jeune ami Africain, que toi tu n’en aies aucune idée. Aussi je crois devoir te mettre en garde contre les désillusions qui te guettent, quoique cela devrait être plutôt le travail de la Commission de Bruxelles.

Bien sûr, je te comprends. Tu vis dans un pays essentiellement rural aux maigres ressources. À chaque génération, la portion de terre familiale se divise et s’amenuise, car il y a bien trop d’enfants à nourrir. Par ailleurs, le commerce et l’industrie ne sont pas assez développés pour fournir des emplois à tous ces jeunes qui grandissent en se demandant ce qu’ils vont faire d’eux. Alors ils écoutent naïvement quelques aînés revenus d’Europe avec une voiture d’occasion à vil prix soigneusement astiquée, et qui se vantent de toutes sortes de profits imaginaires, parce qu’ils auraient bien trop honte de devoir admettre qu’ils ont eu la plus grande peine à seulement survivre.

Et puis, il y a la télévision au village, et tu as vu tous ces films et feuilletons que produisent sans cesse Américains et Européens et dans lesquels s’étalent à plaisir le luxe et l’abondance. Alors, bien sûr, tu te dis : Pourquoi, moi, n’aurais-je pas droit à tout cela ?

Première erreur : le « droit » n’a rien à voir ici. Il s’agit de besoins, de désirs, d’envies mais aucunement de « droits ». Tout être humain n’a droit qu’à ce que lui ou sa famille sont capables de produire dans leur propre pays, et c’est tout.

Si une nation est en mesure d’offrir travail et salaire aux ressortissants d’une autre, alors l’émigration devient possible et légitime, comme elle le fut à certaines époques. Mais si ce n’est pas le cas, chacun doit se contenter des possibilités de production de son propre pays et doit s’attacher à leur développement, au lieu de rêver à d’improbables eldorados.

Si tu n’admets pas cela, tu risques de te lancer dans une aventure qui finira très mal pour tout le monde. Car tu dois comprendre ceci : Depuis quelques décennies, un formidable télescopage se produit dans le monde entre deux phénomènes inconciliables : d’une part, progrès technologique des pays développés qui réduit leurs besoins de main-d’œuvre et, d’autre part, explosion démographique des pays non développés qui augmente leur offre de main-d’œuvre. Il en résulte que des masses d’hommes comme toi se précipitent du Sud vers le Nord, entre Afrique et Europe de même qu’entre les deux Amériques, et que les conséquences de ce raz-de-marée humain ne peuvent être que tragiques.

L’Amérique du Nord et l’Union européenne vont devoir inexorablement prendre des mesures de plus en plus sévères pour stopper ce tsunami, car elles ne pourront pas accepter de voir leurs banlieues submergées par une jeunesse d’origine étrangère famélique et désespérée, promise à toutes les déviances et à toutes les délinquances. Car cela ne peut déboucher que sur la discrimination, le racisme, l’émeute, la haine et la guerre civile.

Et ne crois surtout pas nos rêveurs christo-socialistes qui te raconteront que ça peut s’arranger, car ces gens-là, qui se prennent pour des humanistes, ignorent tout des réalités humaines et ne comprennent rien à rien.

Alors, mon Ami africain, je t’en conjure, limite le nombre de tes enfants, cherche autour de toi tout ce qui peut être exploité par ton travail et reste dans le pays de tes pères. Tu y seras plus heureux que partout ailleurs et c’est la grâce que je te souhaite.


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