Offre gratuite !
La version papier :
pendant 4 semaines dans
votre boite aux lettres
Cliquez ici
Notre lettre d'infos

Lettre ouverte à MM. Jean-Daniel Lévy et Frédéric Daby


envoyer cet article à un ami
Imprimer cette page


Voter pour cet article
20 VOTES
749 LECTURES

Dufour Jean-François - dimanche 11 avril 2010

regionales

Une « intox » ordinaire

Lettre ouverte à MM. Jean-Daniel Lévy et Frédéric Daby

Un long article dans "La Croix" , sous les signatures de MM. Jean-Daniel Lévy, de  l'Institut CSA, et Frédéric Daby, de l'IFOP, exposait les raisons des abstentions record des dernières élections...mais cet article n'exposait pas l'une de ses raisons fondamentales : le fossé qui se creuse entre, d’une part, les fonctionnaires et les élus, et d’autre part, la population française exposée à la mondialisation, à la concurrence, et qui en fera les frais. D’où cette lettre ouverte à MM. Jean-Daniel Lévy et Frédéric Daby.

Messieurs ,

Pour compétents que vous paraissiez être par vos appartenances professionnelles, je ne trouve pas que votre analyse des raisons d'une abstention record comporte des éléments très nouveaux. Cette analyse, politiquement correcte, prouve en fait que votre appartenance professionnelle vous sépare de facto d'une partie très profonde et très importante d'une certaine opinion : celle du monde libéral et indépendant.

En effet, la France est d'abord et institutionnellement partagée en deux populations, comme l'avait bien souligné voilà des années M. Barre : le peuple exposé, d’une part ; et le peuple protégé, de l’autre.

Peu à peu, informé par les nombreuses associations qui interviennent sur Internet, le peuple exposé, celui qui peut perdre son patrimoine en entreprenant ; perdre son travail par la faillite de son employeur ; financer une retraite minable par répartition dont il n'a jamais approuvé le principe et sur laquelle il n'avait et n’a toujours aucun choix ; celui qui peut être harcelé par une administration utilisant toutes les armes en ses pouvoirs, que ce soit sur le plan fiscal ou social ; celui qui travaille parfois 70 heures par semaine pour tenter de réussir ou de sauver son entreprise ; celui que les syndicats, qui défendent essentiellement le secteur public, traitent d'exploiteur et d'affreux capitaliste ; celui qui est  exploitant agricole et qui doit chaque année définir sa production ou remettre en cause ses précédentes options ; etc. : tout ce monde actif , silencieux parce que trop occupé ou angoissé pour récriminer, ce peuple-là, néanmoins, en a marre !

Pourquoi ?

Parce qu'il sait maintenant comment le monde institutionnel de son pays vit à ses crochets : il sait que près de la moitié de la richesse qu’il crée sert à financer les rémunérations de la fonction  publique , mais qu'en plus il doit financer les retraites et les réversions avantageuses de la même fonction publique et des élus.

Il sait que ces élus, qu'ils soient députés, sénateurs et députés  européens, se sont voté des parachutes en or et que ces parachutes sont financés par les impôts qu'il paye.

Il sait que lorsqu'il épargne pour prévoir les accidents de la vie et ses compléments de retraite, il est sanctionné dans la moindre de ses décisions de gestion.

Il sait que les énarques , pour avoir réussi une seule fois un concours, seront toute leur vie des privilégiés, y compris lorsqu’ils travaillent dans de grandes entreprises qui les gratifient de salaires gigantesques, de stocks option monstrueux, de retraites complémentaires financées par les épargnants pendant 30 ans, cumulant comme les élus des postes qui "complèteront" sans vergogne leurs  revenus , etc.

Les français qui sont à la peine tous les jours savent désormais tout cela, et lorsqu'ils sont dépourvus de solutions démocratiques, soit ils s'abstiennent de voter, soit, quelles que soient leurs sensibilités politiques originelles, ils votent pour un parti que les  hypocrites de tous bords ont diabolisé, le Front National.

M. Sarkozy disposait de trois ou quatre mois pour mettre en route, sans compromissions , les réformes les plus urgentes de notre pays – réformes qui en Allemagne ont été accomplies par un socialiste ; et M. Sarkozy n'a pas osé entreprendre ce pour quoi le peuple exposé de France l'avait élu  .

Voilà , Messieurs, la grande colère de plus de la moitié des français, et vous n'en parlez pas !


2 commentaires - Ecrire un commentaire


Recevez gratuitement
la version papier,
pendant 4 semaines !

Cliquez ici

En bref



Plan du site