Lance Pierre - mercredi 19 juillet 2006
Monsieur le Président,
Nous savons tous aujourd’hui, et vous le premier, que la finale du Mondial de Football 2006 a été le théâtre d’une incroyable malhonnêteté, perpétrée délibérément par le joueur italien Marco Materazzi, afin d’obtenir à tout prix avant la fin de la partie l’élimination du capitaine de l’équipe de France, Zinedine Zidane.
Nous savons tous, par les diverses vidéos qui ont été projetées, ainsi que par les compte-rendus des journalistes qui les ont étudiées, que Materazzi n’a pas cessé de harceler Zidane, pour finalement lui tenir les propos les plus insultants qui soient, dans le but machiavélique de le pousser à bout et de provoquer une réaction de colère ne pouvant manquer d’être sanctionnée par un carton rouge et la sortie de terrain du champion français.
Nous savons aussi que, conscient de la gravité des faits, le comité que vous présidez a entrepris une enquête afin de faire toute la lumière sur cet évènement navrant qui plonge dans la honte la “Squadra Azura” et, à travers elle, tout le football italien, déjà gravement discrédité par des tricheries et des corruptions scandaleusement contraires à l’éthique sportive.
Vous avez sans doute pris connaissance, comme nous tous, des déclarations extrêmement dignes et mesurées faites par Zinedine Zidane à la télévision le mercredi 12 juillet 2006. Il est donc avéré que Marco Materazzi, ne reculant devant aucune lâcheté, s’est permis d’injurier la mère et la sœur de Zidedine Zidane, à seule fin de frapper un honnête homme au point le plus sensible, pour le pousser à un acte irrémédiable, sous les caméras du monde entier.
Certes, la réaction brutale de Zinedine Zidane, qui se concrétisa par un coup de tête dans la poitrine de Marco Materazzi, fut une faute grave, comme il l’a reconnu lui-même, sans toutefois pouvoir la regretter. Mais qui pourrait se vanter, après une heure et demie d’une action physique et nerveuse épuisante, accomplie par forte chaleur et sous la pression terriblement stressante d’un enjeu sportif planétaire, d’être certain de garder son sang-froid devant d’aussi odieuses provocations ? Certainement personne.
D’autre part, alors que l’arbitre principal n’avait rien vu, il semble qu’il ait été averti par un arbitre de touche ayant accès à un écran vidéo, alors que l’assistance vidéo à l’arbitrage a été interdite par votre Fédération et que nul n’y eut recours durant la compétition. En ce cas, Zinedine Zidane aurait été victime d’une inégalité de traitement et d’une discrimination inacceptables. Bien entendu, nul ne peut affirmer que l’équipe de France aurait gagné la coupe si Zinedine Zidane était demeuré dans la partie. Mais nul ne peut non plus affirmer le contraire. En tout cas, la déloyauté de Marco Materazzi enlève toute crédibilité à la victoire italienne et la conclusion qui s’impose est celle-ci : pour lors, la Coupe du Mondial de football 2006 n’a été gagnée par personne.
C’est pourquoi nous vous demandons, Monsieur le Président, de déclarer solennellement l’annulation du résultat du match du 9 juillet 2006, et d’organiser à Berlin une nouvelle finale opposant les équipes de France et d’Italie, avec toutes les garanties de loyauté désirables, ce qui implique évidemment l’exclusion de Marco Materazzi, qui s’est rendu lui-même indigne de porter les couleurs de son pays.
Dans l’espoir que la FIFA voudra bien accéder à cette requête et redonner ainsi toutes ses chances à l’équité sportive, qui doit demeurer pour toute la jeunesse du monde un exemple d’honneur et de probité, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de notre confiante considération.
P.-S. - Cette lettre ouverte sera communiquée à la presse et sera proposée au public comme texte de pétition à vous adresser.
(Nous demandons à nos lecteurs, s’ils approuvent le contenu de cette lettre, de la photocopier, de la contresigner et de l’envoyer par la poste au Président de la FIFA, P.O. Box 8044 - Zurich – Suisse)
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