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Lever les freins qui s’opposent à l’emploi


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Trémeau Bernard - samedi 10 janvier 2004


Le président de la République considère la lutte contre le chômage comme la priorité des priorités. Nous approuvons totalement ce choix, car il est scandaleux que dans une société aussi riche que la nôtre, des millions d’individus soient sans emploi, donc privés de revenus, du fait de la mauvaise conduite de

l’État. Pour s’opposer au chômage, il faut lever les freins qui pèsent sur l’économie.

• Pour introduire plus de « justice sociale » dans notre économie, nous avons mis en place deux merveilleux systèmes créateurs de chômage. Le SMIC qui prive de travail tous ceux qui rapporteraient à leur patron moins que le coût du SMIC, et la progression des revenus à l’ancienneté, qui progressivement pousse sur la touche tous ceux qu’un jeune remplace à moindre coût.

Tant que ces deux contraintes pèseront sur les salaires, nous aurons de plus en plus de chômeurs chez les jeunes et chez les moins jeunes. En étant très fiers d’être les champions mondiaux du SMIC, nous sommes devenus les champions mondiaux des exclus du travail…

• Nous avons décidé de créer l’euro, donc de lier par une parité fixe le franc aux autres monnaies européennes. Si l’inflation est plus rapide chez nous, nous ne pouvons plus utiliser la dévaluation pour rétablir la compétitivité de nos entreprises. Or, nous décidons de passer à 35 heures payées comme 39, ce qui augmente les salaires de 11,6 % et crée bien plus d’inflation chez nous qu’ailleurs.

Seul le chômage peut corriger la perturbation de nos échanges apportée par l’inflation.

• Nous avons besoin de capitaux pour investir et créer des emplois. Or, nous chassons de notre territoire les capitaux par toute une série d’impôts, déjà abandonnés par nos partenaires. Ceux qui étaient installés en France délocalisent et ceux qui cherchent à s’installer vont sous des cieux fiscalement meilleurs.

• Nous avons besoin de bons entrepreneurs pour que nos entreprises donnent satisfaction à leurs clients. Avec de bons entrepreneurs, nos entreprises embauchent, peuvent payer de bons salaires à leurs employés et de bons dividendes à leurs actionnaires. Un bon entrepreneur coûte cher. Or, par ses impôts, l’État français chasse les bons entrepreneurs. Des milliers de jeunes Français, possédant de bons diplômes, quitteraient la France tous les ans.

• Nos entrepreneurs, soumis à la concurrence internationale, ont besoin d’être libres pour gérer au mieux leurs entreprises. Or, la France les contraint par un droit du travail tellement volumineux que les textes se contredisent entre eux. Remplaçons ce monstre législatif par des contrats librement négociés entre salariés et employeurs.

Arrêtons ici la liste à la Prévert de ce qu’un État ne doit pas faire s’il veut supprimer le chômage. La France ne vit plus en autarcie économique, avec sa propre monnaie. La France vit dans une économie mondialisée avec l’euro comme monnaie. Or, nos responsables politiques continuent à légiférer comme si nous vivions sans mondialisation et sans euro. Les 35 heures de Martine Aubry sont le plus bel exemple de ce qu’un social-démocrate est capable de faire pour couler les entreprises françaises, donc pour installer le chômage dans notre pays.

Il ne faut pas faire des lois supplémentaires pour s’opposer au chômage. Il faut au contraire supprimer des milliers de lois qui sont devenues dangereuses du fait de l’évolution du monde. Il faut lever sans hésiter tous les freins qui bloquent notre économie.

Mais agir ainsi, c’est prendre d’énormes risques politiques. On ne supprime pas le SMIC ou l’ISF sans risquer d’être battu aux prochaines élections. Il existe une autre façon de s’opposer au chômage. On crée des centaines de milliers d’emplois jeunes ou d’emplois vieux payés par l’État. On augmente les impôts pour les financer, ce qui augmente le chômage. Mais on rend alors la mondialisation, l’ultra-libéralisme, le dollar trop faible ou les méchants Américains responsables de la montée du chômage. On a alors plus de chance d’être réélu. Nous sommes en démocratie.

Notre président a le choix.


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