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Liban : des législatives à hauts risques


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Rouxel Jean - mercredi 10 juin 2009

liban, hezbollah
Le Liban votait dimanche 7 juin pour élire ses députés. La plus grande confusion régnait en début de semaine à propos des résultats. Mais le plus vraisemblable, c’est que la coalition anti-syrienne emmenée par Saad Hariri, fils de l’ancien Premier ministre assassiné, ait vaincu la coalition pro-syrienne formée par le Hezbollah et les chrétiens du général Aoun. On parlait même d’un bloc de 70 sièges environ sur 128 pour les anti-syriens.

Si ces résultats se confirment, il s’agit évidemment d’un revers important pour le général Aoun (qui était l’un des hommes forts du parlement sortant) et pour le Hezbollah. Mais aussi, par ricochet, pour la Syrie et pour l’Iran, dont chacun sait qu’ils soutiennent militairement, financièrement et politiquement le Hezbollah.

Contrairement à l’époque de la guerre civile de la fin des années 1970, le clivage n’était plus entre pro-israéliens et prosyriens, mais entre partisans d’une souveraineté libanaise et partisans d’une alliance renforcée avec la Syrie. Et c’est au sein de la communauté chrétienne libanaise que le débat a été le plus houleux : les partisans prosyriens du général Aoun s’opposaient en effet aux anti-syriens du Parti phalangiste et des Forces libanaises.

Que peut-il se passer à présent ? Les dirigeants du Hezbollah semblent prêts à reconnaître les résultats électoraux. Mais ils réclament toujours la formation d’un gouvernement d’union nationale dans lequel ils auraient une minorité de blocage – ce que la plupart des autres communautés libanaises ne sont pas prêtes à leur accorder.

Mais, surtout, le Hezbollah dispose au Liban de forces militaires plus importantes que l’armée elle-même. C’est d’ailleurs le Hezbollah, et non l’armée, qui a résisté à l’invasion israélienne de l’été 2006. Par conséquent, malgré sa défaite électorale, le mouvement chiite négociera en position de force.

Ce pays qui a déjà tant souffert (et que la France a si honteusement abandonné à son sort) ne peut s’offrir le luxe d’une nouvelle guerre civile, mais, après ces élections, comme après l’assassinat de Rafic Hariri, le spectre de la guerre civile se montre à nouveau proche et inquiétant.

Ajoutons que cette guerre civile ne serait pas une guerre locale : les États-Unis, l’Iran, Israël, la Syrie… ne pourraient pas manquer d’intervenir, au moins par factions libanaises interposées.

Avec en toile de fond, les négociations internationales autour du nucléaire iranien et les risques d’intervention militaire israélienne…

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