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Libéralisme et Constitution européenne


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Milliere Guy - dimanche 15 mai 2005


Le débat concernant le référendum sur le traité constitutionnel continue à être d’une consternante médiocrité. On ne peut dire que la position libérale ne s’est pas du tout exprimée puisque je l’ai définie en ces pages et qu’Yves Roucaute a publié, dans Le Figaro le 30 avril dernier, un article exposant magistralement pourquoi un tenant du libéralisme classique ne pouvait que voter non.
Mais le moins qu’on puisse affirmer est que la position libérale est marginalisée. Il y a des raisons à cela, bien sûr. Les Français croient vivre dans une démocratie : ils vivent en fait dans une société pré-totalitaire. La presse française ne pratique plus le pluralisme qu’à doses homéopathiques et pas sur tous les sujets. Les grands médias sont solidement tenus et les derniers espaces de liberté, tels TFJ, sont menacés. La justice est très largement gangrénée. Le monde politique est une caste fermée.
Le résultat est une opinion publique très majoritairement déboussolée. Les plus jeunes voient qu’un avenir sombre se profile, mais pour la plupart ont appris à se défier du marché comme de la peste et espèrent, à hauteur de 80%, sans trop y croire, devenir fonctionnaires. Ceux qui sont au travail craignent les délocalisations, l’ouverture des frontières, l’islamisation de la société, mais n’apportent à leurs craintes que les réponses malthusiennes dont on leur a bourré le crâne. Les plus âgés souhaitent que leurs retraites soient payées jusqu’à leur décès, et c’est à peu près tout.
Dans un contexte où tout rêve est mort, on propose depuis des années un rêve de substitution : la construction européenne. À chaque étape, on a promis à la population des lendemains qui chanteraient, et les lendemains ne chantent toujours pas, bien au contraire. Même le rêve de substitution ne fonctionne plus. On peut compter sur les socialistes partisans du despotisme européen pour utiliser tous les arguments aux fins que le oui l’emporte, que le projet soit adopté partout et que c’en soit fini à jamais du risque de voir la population se révolter. On peut espérer si le oui l’emporte en France, qu’il soit défait dans un autre pays.
On ne peut trouver espoir ou réconfort dans la cohorte du non : oh que non... Quelle vision! Populisme à la Jean-Marie Le Pen ou à la Philippe de Villiers rêvant de protectionnisme national et fustigeant l’« Europe du pognon », socialo-gauchisme d’Emmanuelli, Mélenchon, Buffet ou Besancenot, continuant à raisonner comme s’ils ne s’étaient pas aperçus que Marx est mort depuis cent vingt ans et ne pas s’être aperçus non plus que, depuis l’invention de l’électricité, on a inventé aussi la micro-informatique et internet, et que la globalisation économique est un fait.
Les partisans du despotisme européen ont le mérite de la cohérence : ils veulent une Europe technocratique, réglementariste, à même de tenter de gripper les règles du marché mondial pour sauver ce qui reste du « modèle social » européen. Ils veulent une Europe puissance dont ils savent qu’elle ne sera jamais vraiment puissance, mais dont ils espèrent qu’elle pourra nuire à leur ennemi absolu, les États-Unis, et s’ils doivent pour cela sacrifier Israël ou se lier à l’Iran des mollah ou à la Chine toujours communiste, ils n’hésiteront pas.
Mais ces partisans du despotisme mentent en ne disant pas que leur projet est despotique et vise à confier le pouvoir en Europe à une élite s’autoproclamant éclairée, mais que ne traverse aucune lueur des valeurs éthiques judéo-chrétiennes qui ont permis aux civilisations européennes de voir le jour. Leur projet est une table rase constructiviste qui aura et a déjà un prix : l’asphyxie économique qui accompagne en général l’asphyxie politique.
À moyen terme, les espoirs de survie des nations européennes sont minces. Ils passent non par des protections frileuses, mais par l’ouverture, le dynamisme, l’audace, la déréglementation, la baisse des impôts, la liberté d’entreprendre, la liberté d’informer, l’indépendance de la justice, la démocratie libérale, l’alliance globale de toutes les nations qui se reconnaissent dans la civilisation occidentale, la retransmission des valeurs judéo-chrétiennes, l’engagement dans la bataille pour le cœur de l’islam. Tout ce à quoi nous tournons le dos parce que nous sommes maintenus dans l’ignorance. C’est pathétique…

[Notre page Référendum sur la Constitution Européenne et intégration de la Turquie]


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En bref
EUROPE
Je suis hostile à toute idée de nation européenne, de citoyenneté européenne. La force de l’Europe est justement de ne pas être une nation et de comporter des diversités qu’il ne faut pas niveler.»
Robert Schuman

SIC

PRO-VIE «J’alerte les femmes de ce pays : il y a dans la Constitution européenne le respect du droit à la vie. Il faut se souvenir que c’est la formule qu’emploient les mouvements anti-avortement aux États-Unis pour justifier leur opposition à l’IVG…»
Henri Emmanuelli

21 AVRIL «Aucune réflexion sérieuse n’a été engagée sur les causes du 21 avril. Résultat, les partis de gouvernement qui ont mis la tête dans le sable depuis trois ans sont en passe d’être de nouveau sanctionnés.»
Arnaud Montebourg,
Député PS de Saône et Loire

CONVICTION «Dans toute décision politique, il y a la part de conviction et d’adhésion à un projet et la part des ambitions. Chez certains, cette dernière est plus hypertrophiée!»
Pierre Mauroy,
ancien Premier ministre socialiste

JOSPIN «Lionel Jospin se retranche, comme souvent, derrière l’histoire pour ne pas débattre sur le fond de la Constitution européenne. Je suis prêt à discuter d’histoire et de révolution avec lui, mais, pour l’instant, nous sommes en campagne et ça marche du tonnerre !»
Olivier Besancenot,
porte-parole de la LCR

COMMUNISME «Le communisme est plus pervers que le nazisme car il ne demande pas à l’homme de faire le pas moral du criminel et qu’il se sert de l’esprit de justice et de bonté qui est répandu dans toute la terre pour répandre dans la terre tout le mal…»
Alain Besançon, essayiste




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