|
|
Liberté d’expression, d’accord, mais pas à mes frais |
|
Thieulloy (de) Guillaume - mercredi 16 novembre 2011
christianisme
L‘actualité culturelle de ces dernières semaines a été marquée par de nombreux débats autour du thème de la liberté d’expression et des relations qu’entretiennent les religions avec la création artistique.
Je retiens deux événements caractéristiques : la protestation de jeunes catholiques contre la représentation de la pièce de Romeo Castelucci intitulée « Sur le concept du visage du Fils de Dieu » ; et, d’autre part, l’attentat contre les locaux du journal satirique « Charlie Hebdo », le jour même de la parution d’un numéro intitulé « Charia Hebdo ».
S’agissant de la pièce de Castelucci, ce que j’en ai vu et lu a suffi à me convaincre de son extraordinaire médiocrité artistique. Et c’est un euphémisme !
Je suis toujours sidéré quand de prétendus « artistes » ont l’incroyable culot de prétendre produire de l’art avec quelques kilos de matières fécales. Ils n’ont pas dépassé le stade le plus infantile, mais nous rebattent les oreilles de leur pédantisme.
Mais la responsabilité ne leur en incombe que partiellement. Le public en est, lui aussi, largement fautif. Si, au lieu de faire semblant d’admirer des baudruches dans la galerie des glaces ou des bidets dans je ne sais quelle cathédrale, les spectateurs disaient simplement : « C’est hideux, ne comptez pas sur ma visite », cet « art moderne » s’effondrerait d’un coup !
Évidemment, à la condition qu’un public particulier en fasse autant : le public de ceux qui sont gestionnaires des fonds… publics, précisément !
Or, MM. Delanoë et Mitterrand nous ont abondamment montré, ces derniers jours, que le contribuable pouvait bien trouver telle ou telle œuvre hideuse ; cela n’empêchait pas les politiques d’abreuver leurs « créateurs » de fonds publics.
Tout le problème de « l’art moderne » est là : il est ultra-subventionné par les contribuables – et très largement contre l’avis desdits contribuables. Je sais bien que Paris est, de plus en plus, une ville de bobos, mais je serais extrêmement surpris qu’une majorité de Parisiens ait accepté le principe de financer la pièce de Castelucci.
Si ce personnage avait financé sur ses deniers propres cette mise en scène, la situation serait tout à fait différente.
J’ai entendu plusieurs personnalités déclarer que l’opposition à cette mise en scène était attentatoire à la liberté d’expression. Il est bien possible que ce soit le cas d’une partie, ou même peut-être de la totalité, des manifestants. Mais ce n’est pas du tout nécessaire.
Dans la situation actuelle de la société, mon point de vue personnel est que, plus il y aura de liberté d’expression, mieux ça vaudra. Et, donc, si M. Castelucci trouve drôle de s’amuser avec de la matière fécale, grand bien lui fasse. Mais je ne vois aucune justification à ce qu’il utilise mes impôts pour cela !
J’ajoute que, qui dit liberté, dit responsabilité. Et on ne voit pas que ceux qui réclament à cor et à cri la liberté d’expression fasse preuve d’un grand sens des responsabilités. Je reconnais bien volontiers être un béotien en matière de théâtre moderne, comme en bien d’autres matières, mais je persiste à ne pas comprendre ce que peut apporter au monde cette scène où l’on voit le visage du Christ aspergé de m…
Mais ce qui est le plus intolérable, c’est le deux poids, deux mesures. Delanoë avait publiquement pris la défense des islamistes dans l’affaire des caricatures de Mahomet (et donc contre la liberté d’expression). Et, là, il semble (à en croire un des avocats concernés) qu’il a réclamé de la police un « traitement spécial », visant à suspendre pour les jeunes catholiques les garanties légales de la garde à vue. Alors que certains d’entre eux ont été interpellés simplement pour avoir récité le chapelet en face du théâtre. Ce qui n’est pas tout à fait du même ordre que de poser une bombe!
D’un côté, on se permet avec la religion chrétienne (qui a tout de même plus à voir avec la culture française que l’islam) toutes sortes d’insultes publiques, éventuellement même financées par les fonds publics (qui ont bien été pris dans nos poches, que je sache !), dont on n’oserait pas le dixième à l’égard de l’islam. Et, de l’autre côté, on prétend créer de toutes pièces une sorte d’internationale des « intégristes ». Comme si réciter le chapelet, pétitionner, ou même jeter deux ou trois œufs frais, était du même ordre qu’égorger ou dynamiter !
Pour ce qui me concerne, je le dis tout net : je suis prêt à encourager la liberté d’expression la plus large possible, et donc aussi à permettre à mes adversaires de s’exprimer. Mais à la condition expresse que cette permission soit, au minimum, réciproque ! Et je ne vois pas pourquoi je devrais payer les supports médiatiques de mes adversaires…
25 commentaires - Ecrire un commentaire
|
Bilan
«C’est sur la gestion des finances publiques que le bilan du président est incontestablement le plus catastrophique.»
Manuel Valls, député PS
SIC
Primaires «De plus en plus de Français, qu’ils soient de gauche ou de droite, veulent participer, peser, décider, choisir.»
Xavier Bertrand, min. du Travail
Hollande «Arrêtez de dire que Hollande travaille, il ne fout rien !»
Martine Aubry
Mitterrand «En 1981, je pensais que les chars russes allaient débarquer en France. On ne savait pas encore que Mitterrand était un homme de droite !»
Christine Boutin
Sondage «Les sondages d’aujourd’hui, avec François Hollande à 64 % au second tour, ne sont pas le reflet de la réalité de demain.»
Michel Sapin, député PS
Droite «La droite existe, bien sûr, dans le vocabulaire traditionnel, par rapport à la gauche. Mais il n’existe pas d’idéologie de droite, comparable à l’idéologie de gauche, qui domine le débat politique et culturel depuis toujours dans la France contemporaine.»
Hervé Gaymard, député UMP
Printemps «Les Occidentaux ont projeté leurs propres idéaux sur ce printemps arabe.»
Pierre Vermeren, prof. à Paris I
Libéralisme «Globalement, le libre-échange est toujours gagnant-gagnant.»
Alain Madelin, ancien ministre
Multi-culturel «Les sociétés multi-culturelles, multi-ethniques, et multi-religieuses, ne sont pas seulement une bonne chose ; elles sont inévitables.»
Antonio Guterres, Ht commissaire des nations unies aux réfugiés |
|
|
|