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Libye : Bilan, mensonge officiel et vérité


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Lambert Christian - mercredi 14 septembre 2011

islamistes, petrole
Lorsque les rebelles sont entrés à Tripoli fin août, la voix officielle et les médias ont chanté victoire. La guerre en Libye était terminée. Nicolas Sarkozy, grand chef de guerre, avait gagné. Il méritait le triomphe et, tel l’imperator romain, le front ceint d’une couronne de lauriers d’or, il pouvait aller sur son char célébrer au Capitole une victoire décisive.

Hélas, hélas, hélas. Tout cela n’est qu’illusion. La guerre n’est en rien terminée et aucun des problèmes posés à la Libye n’est résolu. Pire, l’intervention de l’OTAN sous la haute inspiration de Sarkozy, avec la bénédiction de Bernard-Henri Lévy, en a créé d’autres qui sont préoccupants, pour dire le moins.

Cette guerre de « libération nationale » a déjà provoqué quelque 60 000 morts, y compris les femmes et les enfants, dont certains ont été tués par les bombardements aériens franco-anglais (mais surtout français), au nombre, à ce jour, de 7100, plus les drones fournis par les Américains. Des dizaines de milliers de Libyens ont, en outre, été déplacés. 50 000 techniciens et ouvriers étrangers qui faisaient tourner le pays se sont enfuis.

La Libye est presque entièrement détruite. Plusieurs villes sont dévastées, les infrastructures gravement endommagées. La plupart des agglomérations à l’ouest sont privées d’eau et d’électricité. Les hôpitaux manquent de tout. Les Noirs africains, tous considérés par les rebelles comme étant des mercenaires de Kadhafi, sont arrêtés, torturés et massacrés. Dans les hôpitaux, des blessés loyalistes auraient été achevés par les insurgés. Il va sans dire que ce désastreux bilan est assez éloigné de la résolution 1973 des Nations Unies qui autorisait une intervention en Libye pour protéger les populations civiles, ce qu’ont souligné et déploré notamment la Russie, la Chine, l’Afrique du Sud et plusieurs pays africains hostiles à l’intervention militaire occidentale, jugée comme une ingérence inacceptable de type colonial.

À ce jour, plusieurs villes sont toujours aux mains des partisans du colonel Kadhafi, ainsi que la vaste région du sud libyen, aussi étendue que la France, le Fezzan, où le colonel, prévoyant, aurait fait aménager des bunkers. Plus grave est le fait que notre ex-ami et invité Muammar reçoit l’aide de l’Algérie, dont l’ambassade à Tripoli – je le signale en passant – a été pillée par les rebelles démocratiques dans la nuit du 21 au 22 août, de l’aide aussi des États africains limitrophes où déjà se sont rendus un certain nombre de kadhafistes avec armes et bagages, lingots d’or et liasses de dollars. Alors faudra-t-il porter la guerre en Algérie, au Niger, au Tchad, au Burkina Faso ? On voit à quel point, faute de sérieux et de connaissance du problème, celui-ci s’est envenimé.

Plus inquiétante encore est la montée d’Al Qaïda au Maghreb islamique, pour qui l’intervention franco-anglaise en Libye est, si j’ose dire, du pain béni. Le régime de Kadhafi était un barrage contre Al Qaïda, un peu comme l’Algérie de Bouteflika, mais les circonstances créées par l’intervention occidentale ont changé la donne et d’importants stocks d’armes ont été remis à cette organisation terroriste, dont des missiles sol-air. Belle perspective !

J’ajoute que les populations touareg du Sahel, très favorables à Kadhafi, qui les a aidées dans leur rébellion contre le pouvoir au Niger et au Mali sont tout disposées à se lancer dans une guérilla pour soutenir le colonel si celui-ci le leur demande. Au désordre meurtrier qui déjà régnait au Sahel (où huit otages français, je le rappelle, sont détenus par Al Qaïda depuis un an), pourraient succéder des troubles autrement plus graves. Dans cette affaire, des responsables informés et sérieux auraient pu prévoir tout cela. En s’abstenant d’agir, ils auraient évité le pire qui s’annonce. Comment a-t-on pu ignorer que la Libye n’est pas une nation, mais un conglomérat de 150 tribus et clans, que Kadhafi, avec habileté, cruauté, et ses millions de dollars, avait su unir relativement et contrôler ?

Comment a-t-on pu ne pas tenir compte du fait que le colonel est issu de la tribu des Kadhafa qui règne en maître sur le Fezzan, et qui est très proche de la grande tribu des Warfalla, l’une des plus puissantes de Libye ? De plus, il faut savoir que les Berbères ne s’entendent pas avec les Arabes. Que va faire maintenant l’armée franco-anglaise devant ces quelques millions de gens, hostiles à l’Occident, et, de surcroît, analphabètes à 60 %.

Comment peut-on ignorer que le conseil national de transition (le CNT), présidé par Mustafa Abdeljelil, ancien ministre de la Justice, qui a fait condamner à mort les infirmières bulgares (n’insistons pas…), est un pseudo-gouvernement divisé et secret, dont l’un des membres les plus importants, le général Abdel Fattah Younes a été assassiné le 28 juillet par des islamistes, dont l’un des représentants les plus connus est l’actuel commandant militaire de Tripoli. Il s’agit de d’Abdel Hakim Belhaj, issu du Groupe islamique de combat en Libye (GICL), une formation extrémiste adoubée par Al Qaïda, qui administrait depuis la fin des années 1990 des camps d’entraînement pour terroristes en Afgha­nistan. Toujours est-il que le CNT prépare une constitution basée sur le Coran, instaurant la charia, « source principale du droit », ce qui permet d’être sûr que la « démocratie libyenne » est pure utopie, pas plus qu’elle n’existe dans aucun pays arabe et musulman. Il n’y a que quelques philosophes illuminés pour y croire. Quand on sait que des millions d’armes – canons bitubes, mitrailleuses, fusils de toutes provenances, lance-roquettes, mines, grenades – ont été remis à la population libyenne, on peut facilement imaginer ce qui va inexorablement se passer. Déjà, l’on sait que plusieurs katibas (ba­taillons) refusent de remettre leur arsenal au pouvoir central.

Mais il est vrai que les installations pétrolières devraient être remises en état dans les mois et années qui viennent. Les grands groupes, Total, BP, Shell, l’ENI italienne, etc., s’y emploieront avec la protection d’entreprises de sécurité – comme en Irak, où les mercenaires de la sécurité sont au nombre de 27 000. Il en résultera des profits considérables qui permettront d’acheter les uns et les autres, y compris ceux qui ont aidé les rebelles, ce qui peut être très appréciable lorsqu’on est en campagne électorale…

NB : Au moment de mettre sous presse, ce 12 septembre, on apprend que des combats ont lieu entre insurgés, déjà 12 morts !

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«Personne dans l’opposition n’offre la même solidité, la même clairvoyance, la même capacité à protéger la France, que Nicolas Sarkozy.»

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Occident «Les pays occidentaux n’ont plus le monopole de la puissance.»
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Sécurité (2) «En 2002, il y avait en France 600 000 victimes de plus qu’en 1997. Il est pour le moins curieux de présenter cet héritage comme un succès. En revanche, depuis huit ans, l’action de la majorité a permis de faire reculer la délinquance et, en 2010, il y a eu en France 500 000 victimes de moins qu’en 2002. Com­ment Mme Aubry peut-elle sérieusement déclarer qu’il s’agit d’un fiasco ?»
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État-providence «Nous avons un très haut niveau de prospérité au Danemark que j’aimerais conserver. Mais nous serons obligés de l’abandonner, si les gens n’ont qu’à mettre le pied dans la porte pour obtenir des avantages financiers sans avoir d’abord contribué à l’économie…»
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