Courrier - mercredi 06 décembre 2006
Bonne nouvelle : l’estimable Antoine Spire a annoncé jeudi dernier qu’il démissionnait, avec Cédric Sporin, de la Ligue des Droits de l’Homme. On citera quelques-unes de ses excellentes motivations (« Le Monde » du 24 novembre) : « la L.D.H. a cru pouvoir répondre au racisme dont sont victimes les jeunes issus de l’immigration en faisant preuve de complaisance à l’égard des organisations religieuses qui prétendent les représenter.
La dérive s’amplifie. Après avoir affirmé qu’il s’agissait de discuter avec l’islam politique, on a insensiblement glissé vers le débat libre avec l’islamisme radical… (…). Dans le même mouvement, elle a tergiversé en hésitant à réagir lors de la recrudescence des actes antisémites en 2003. (…). On peut aussi se demander pourquoi le Proche-Orient sollicite un tel engagement de la Ligue, qui ne dit presque rien à propos du Darfour ou de la Tchétchénie, ou se tait devant les discours antisémites du président iranien ! (…).
Sans distance à l’égard du mouvement social, trop souvent ambiguë ou même compromise à l’égard d’un intégrisme islamiste dangereux, et en recul sur la lutte contre l’antisémitisme et la défense de la liberté d’expression, la Ligue a perdu sa légitimité d’autorité morale de la République. Depuis longtemps, elle n’est plus l’organisation conçue pour défendre Dreyfus ».
Voilà qui est bien dit. Quoiqu’un peu tard. Et pas assez.
La Sainte Ligue a dévoyé depuis longtemps ses buts et son glorieux passé. Elle a depuis longtemps trahi la mémoire et les combats de Zola et de Daniel Meyer, en se vautrant dans la xénophilie la plus délirante. Mais il est vrai que son flirt poussé avec le MRAP, façon Aounit, a consacré définitivement la dérive pro-islamiste d’une organisation dont désormais l’intitulé relève d’une publicité mensongère que même la presse bien-pensante commence lentement à réaliser. Trop lentement.
Gilles William Goldnadel
http://blognadel.over-blog.com
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