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Limites économiques du principe de précaution


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Trémeau Bernard - samedi 31 janvier 2004


La vache folle revient en gambadant dans les prairies américaines. Immédiatement les médias s’emparent de l’information et la diffusent dans le monde entier. Les précautions sont prises. Des milliers de vaches sont détruites en Amérique. L’Europe décide de ne plus acheter de viande de bœuf provenant des USA… On rappelle au passage un commerçant qui se serait approvisionné clandestinement en viande provenant d’un pays dangereux, ce qui fait monter l’angoisse des consommateurs à un niveau encore plus élevé. Des millions de consommateurs, dans le monde, cessent de manger un beefsteak, même leur bon beefsteak provenant de bons charolais bien français. Ils se rabattent sur le poulet. Le cours du bœuf s’effondre et des dizaines de milliers d’agriculteurs ne peuvent plus vendre leurs bêtes. Il faut donc voter d’urgence une aide à tous ces producteurs qui passent brutalement d’une situation financière équilibrée au dépôt de bilan.

Puis, on ne parle plus de la vache folle, mais la peste aviaire apparaît en Asie. Les poulets provenant de ces lointaines contrées sont mortels. Des milliers de poulets sont abattus, on ferme les frontières. L’Europe décide de ne plus acheter de poulets venant d’Asie. On ne peut pas ouvrir un poste de radio ou de télévision sans entendre parler du retour de la peste aviaire…

Le peuple se rabat sur le saumon d’élevage pas trop coûteux. Catastrophe. On apprend alors que ce saumon contient des produits cancérigènes.

Il reste encore le saumon sauvage, d’excellente qualité, tant qu’un chercheur ne va pas découvrir qu’il est très toxique pour l’homme. Il faudra devenir végétarien…

Depuis que son éventuel passage à l’espèce humaine a été dépisté, il y a une dizaine d’années, la maladie de la vache folle aurait tué dans le monde quelques centaines d’individus, surtout en Angleterre. Le nombre des morts en France est loin d’atteindre la dizaine. Le coût des mesures prises en France pour s’opposer à sa diffusion s’élève très probablement à des milliards d’euros. Si depuis dix ans, on avait utilisé ces milliards d’euros à équiper nos routes de radars, on aurait sauvé des milliers de vies. Un mauvais choix de l’argent public semble avoir été fait. Il faut essayer de trouver une explication.

Un chercheur est en principe un monsieur très sérieux qui travaille en silence dans son laboratoire. Mais le chercheur est aussi un homme. Il aime bien être reconnu comme un chercheur qui trouve quelque chose. Quand sa recherche le mène à envisager que le prion passe de la vache folle à l’homme, les médias reprennent immédiatement son hypothèse. Il passe alors de l’ombre à la lumière. Il obtient en même temps des crédits pour son laboratoire. Il peut augmenter la taille de son équipe. Le trou d’ozone ou le prion de la vache folle sont, pour un chercheur, une voie royale vers la notoriété et les crédits.

Les médias sont à la recherche du scoop. Être le premier média à avoir informé le bon peuple de France du danger du beefsteak pomme frite est un scoop de première grandeur. Le média passe de l’ombre à la lumière. L’audimat grimpe immédiatement, chaque auditeur voulant tout savoir sur le prion. Plus l’angoisse des auditeurs monte, plus l’audimat monte. Le trou d’ozone ou le prion de la vache folle sont pour un homme de média une voie royale vers la notoriété et les crédits.

Les hommes politiques sont à la recherche des électeurs. Les chercheurs et les médias leur ont désigné le prion de la vache folle comme l’ennemi public numéro 1. Les hommes politiques vont donc défendre leurs électeurs contre une attaque du prion. Ils vont prendre des mesures les mettant à l’abri de ce nouveau danger. Les chercheurs et les médias approuvent immédiatement ces sages mesures, même si elles coûtent des milliards d’euros qui auraient été bien plus utiles ailleurs. L’électeur est bien entendu satisfait, et l’homme politique devient le père du peuple.

L’homme politique attribue alors au chercheur des crédits royaux. La boucle est bouclée. Le chercheur a les moyens d’entretenir l’angoisse du bon peuple.


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En bref
Russie

Seulement 10 % des Russes possèdent un compte en banque. Celles-ci, en 2002, n’ont financé que 5 % des investissements.

Chiffres Significatifs

Mariages mixtes Les mariages mixtes qui étaient 30 000 en 1999, selon l’Ined, Institut national d’études démographiques, sont passés à 35 000 en 2000 et presque à 40 000 en 2001. Chiffres qu’il faut multiplier par deux pour prendre en compte les unions mixtes contractées à l’étranger, dans les consulats. À noter : les femmes françaises sont un peu plus nombreuses à prendre un mari étranger que les maris français prenant femme étrangère…

Acier

La consommation d’acier par habitant serait un bon indicateur économique. Le Sud Coréen arrive en tête avec 930 kilogrammes, suivi par le Taïwanais (915 kilogrammes), puis le Japonais (767 kilogrammes). L’Européen est à 363, l’Américain 357 et le Chinois 166. Un Indien ne consomme que 28,5 kilogrammes d’acier par an…

PlantationS

Le Groupe Bolloré a revendu, le mois dernier, ses 15 000 hectares de plantations de palmiers à huile en Malaisie sur la base de 8 726 euros l’hectare.

Palestine

Les Chrétiens palestiniens sont environ 460 000 : 30 000 vivent en Cisjordanie et à Gaza, 110 000 en Israël et 300 000 hors de leur pays.

Afghanistan

12 000 soldats sont actuellement aux trousses d’Oussama ben Laden en Afghanistan. Sa tête est toujours mise à prix 25 millions de dollars.

Vote musulman

Selon un sondage Ifop, les Français musulmans sont davantage satisfaits de Jacques Chirac que les autres. Ils sont pourtant plus nombreux à se dire « de gauche »…




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