Menou Pierre - lundi 14 juin 2010
ump
Pour Chantal Brunel (UMP), l’islam pratique « le culte de la liberté » !
C’est ce qu’on appelle être à contre-emploi. Le député UMP Chantal Brunel, qui dirige l’Observatoire de la parité, a rendu un hommage pour le moins surprenant à l’Etat le moins « paritaire » de la planète. Le 5 juin, cette élue de Seine-et-Marne a posé la première pierre de la mosquée de Roissy-en-Brie, au financement de laquelle, selon Minute du 9 juin, elle a d’ailleurs contribué – de même que le maire PCF de la ville et que le conseil général (à hauteur de 185 000 euros). *
Dans son discours, écrit Minute, elle « salué le roi Abdallah d’Arabie Saoudite, paraît-il fervent défenseur du dialogue interreligieux, et l’a pris comme exemple qui "nous rappelle que nous avons en commun [avec les musulmans] tant de valeurs fondatrices : le respect de l'autre et de soi-même, le culte de la liberté." »
Ce doit être la version islamisante de ce qu’on appelle des vœux pieux. Faut-il rappeler à Chantal Brunel que l’Arabie saoudite est régie par la Charia et que tout autre culte que l’islam y reste interdit ? Et où a-t-elle pris que l'islam pratique le « culte de la liberté » ? L’élue UMP devrait aller demander ce qu’ils en pensent aux chrétiens d’Orient, quotidiennement confrontés à un islam dominateur, intolérant et meurtrier.
L’archevêque Chrysostomos II, chef de l’Eglise orthodoxe chypriote, en a témoigné lors de la récente visite du pape Benoît XVI à cette île : pas moins de 500 églises et monuments ont été détruits depuis l’invasion du nord de l’île par la Turquie, en 1974. Une Turquie que d’aucuns envisagent néanmoins d’accueillir au sein de l’Union européenne…
Nouvel exemple de la conception islamique de la tolérance, le vicaire apostolique d’Anatolie, Mgr Luigi Padovese, a été poignardé le 3 juin, à la veille de la visite de Benoît XVI à Chypre. Certes, comme le précise Frédéric Pons dans Valeurs Actuelles, l’assassin, turc, a été « aussitôt arrêté ». Le pape lui-même n’a pas voulu «faire d’amalgame entre cet épisode tragique et l’islam. C’est un cas isolé[…]qui ne doit nuire en aucune façon au dialogue », a-t-il dit.
Mais s’il s’efforce de préserver les possibilités de dialogue, Benoît XVI n’en reste pas moins lucide, lorsqu’il observe, rapporte encore Frédéric Pons, « que la liberté religieuse et la liberté de conscience"sont généralement inconnues dans le milieu musulman, qui reconnaît la liberté de culte mais non la liberté de proclamer une religion autre que l’islam, et encore moins d’abandonner celui-ci." Le Vatican cite même plusieurs pays où " l’autoritarisme, voire la dictature, pousse la population, y compris les chrétiens, à tout supporter en silence pour sauver l’essentiel " »
La vérité dans la charité
Le pape est dans son rôle de chef de l’Eglise universelle lorsqu’il promeut le dialogue, en vue de maintenir le contact avec les populations musulmanes, mais aussi de protéger les chrétiens qui vivent en terre d’islam. Comme le rappelle encore Frédéric Pons, il « comprend la tentation de fuite des chrétiens mais il souffre de cette “saignée”qui a déjà vidé l’Irak de plus de la moitié de sa communauté chrétienne. Il veut maintenir leur présence sur ces “terres bibliques” où naquit le christianisme, six siècles avant l’islam. »
Mais lorsqu’il appelle à ce dialogue de « vérité dans la charité », il ne conçoit pas la seconde sans la première.
Chantal Brunel, au contraire, lorsqu’elle présente l’islam comme une religion de liberté, fait évidemment bon marché de la vérité, et il est douteux qu’elle se soucie davantage de la charité. Elle se livre à une de ces acrobaties politiciennes qui visent à se concilier les musulmans en France au prix de compromis politico-religieux douteux pour s’attirer la bienveillance des musulmans – je pose la première pierre de la mosquée, je vous accorde des subventions, vous voyez bien que je ne suis pas votre ennemie –, y compris celle des fondamentalistes.
L’élue UMP a posé la première pierre de la future mosquée en compagnie du cheikh Mohamad Saïd Ramadan al-Bûti, présent, indique Minute, en tant que « parrain, invité d’honneur et donateur – ou intermédiaire de mystérieux donateurs ».
Né en Turquie en 1929, diplômé de l’université islamique de Al-Azhar et actuel directeur du département des Croyances et Religions à l’université de Damas, al-Bûti, rapporte encore l’hebdomadaire non-conformiste, a écrit un livre intitulé « Fiqh As-Sira, étude scientifique de la biographie du Prophète ». Il y écrit :
« Vouloir distinguer dans la lutte pour la cause de Dieu deux aspects : la guerre défensive et la guerre offensive est un non-sens, la légitimité du Jihad ne tient pas au droit d’attaque ou de défense en tant que tel, elle est fondée sur la nécessité d’établir une société islamique suivant les règles et les principes de l’islam ; donc la façon dont procède le Jihad en vue de cette fin, qu’elle soit offensive ou défensive importe peu. »
Il ajoute :
« En résumé, nous dirons qu’il faut agir secrètement et renoncer à combattre au cas où la résistance ou l’action ouverte porterait préjudice à l’islam. Par contre, il ne faudrait jamais taire la mission s’il était possible de la rendre publique et en même temps utile. »
Toujours selon Minute, Joachim Veliocas, directeur de l’Observatoire de l’islamisation, aurait constaté qu’al-Bûti préconise, sur son site internet, de réciter à sa femme les sourates du Coran « jusqu’à ce qu’elle intègre qu’elle doit se recouvrir le chef, qu’il est inconvenant pour une dame de montrer un genou et que la démocratie… n’est pas pour les bons musulmans ! »
Qu’attend donc Chantal Brunel, directrice de l’Observatoire de la parité, pour porter le hidjab, en attendant la burqa ?
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