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Lu dans la presse : Eva Joly, l’ébouriffée de l’EgoEva Joly, l’ébouriffée de l’Ego


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Menou Pierre - lundi 22 août 2011

2012
Quel est le rapport entre l’écologie et l’augmentation des impôts comme (fausse) solution pour sortir de la crise économique et financière mondiale ? Eva Joly ! Les Echos du 22 août rapportent ainsi les propos de la candidate verte à la présidence de la République :

« Pour diminuer l’endettement en préservant nos services publics, l’austérité n’est pas la solution », a estimé Eva Joly qui veut faire revenir la fiscalité à son niveau de 2000, « avant les baisses d’impôt de Laurent Fabius et de la droite. »

Rien d’étonnant : l’ancien juge apparaît comme une militante d’ultra-gauche. Une dure : « La douceur n’est pas une vertu présidentielle », prévient-elle. Il suffit de la voir pour s’en douter.

A Laurence Vichnievsky, autre ancien magistrat, elle aussi « écolo » et co-porte-parole des Verts, « qui ne partage pas son point de vue sur les solutions à apporter à la crise financière », note Le Figaro du 22 août, elle lance sèchement : « La candidate à la présidentielle, c’est moi, un point c’est tout ». Autrement dit, elle ne veut voir qu’une gueule : la sienne.

Même chose à l’adresse de Nicolas Hulot, absent aux journées d’été écolos de Clermont-Ferrand : « Ce que pense Nicolas Hulot n’est pas important, c’est moi la candidate. » M’dame moi-moi-moi ne fait décidément pas dans la dentelle. Cependant, n’en déplaise à la candidate choisie par les apparatchiks, qui se préoccupe de l’écologie depuis deux ans au mieux, Nicolas Hulot possède aux yeux des électeurs une vraie légitimité…

« Eva Joly l’avait déjà prouvé tout au long de la campagne interne des écolos avant l’été : c’est une femme très déterminée », commente gentiment Rodolphe Geisler, toujours dans Le Figaro. J’aurais plutôt utilisé d’autres qualificatifs : arrogante, suffisante, égocentrique, cassante, raide et rêche, dominatrice, voire tyrannique.

Autant d’esprit politique qu’une murène

Au premier ministre François Fillon, qui a eu « l’outrecuidance » d’évoquer sa double nationalité franco-norvégienne, elle lance,  : « Je ne suis jamais descendue dans le palais d’un dictateur. Je n’ai jamais confondu argent public et argent privé. » C’est répondre à côté de la question.

Or la question demeure : quel titre une Française d’aussi fraîche date, qui n’a pas renoncé à sa nationalité d’origine, a-t-elle à représenter la France et les Français ? Quel titre a-t-elle à se prononcer sur des questions qui, comme le nucléaire, engagent l’indépendance même du pays ? Quel titre a-t-elle même à s’opposer au sentiment national, tel qu’il s’exprime à travers le défilé militaire traditionnel du 14 juillet ?

Heureusement pour ses adversaires et même pour ses alliés, Eva Joly a autant d’esprit politique qu’une murène. Son arrogance la conduit aujourd’hui a exercer un véritable chantage contre le PS : « il n’y aura pas d’écologistes dans un gouvernement qui n’engagerait pas la sortie du nucléaire », menace-t-elle. Mais est-ce vraiment une menace ?

Aux yeux des socialistes, la non-participation des écolos à un gouvernement, en cas de victoire électorale, peut être une assez bonne nouvelle : pas de casse-pieds au conseil des ministres ; et pas de nécessité de partager les maroquins ministériels et le gâteau qui va avec. Moins on est de fous, plus on se goinfre…

M’dame moi-moi-moi voudrait-elle exercer un chantage au report des voix en cas de deuxième tour ? Elle y perdrait : « face aux exigences de Joly, rappelle Rodolphe Geisler, le PS dispose d’une arme de dissuasion : faire ou non un bon accord électoral avec EELV pour les législatives… »

Si elle satisfait des militants d’extrême gauche qui ont détourné et confisqué l’écologie, simple moyen d’obtenir une structure et des moyens que leur doctrine politique ne leur aurait jamais permis d’acquérir, la politique de Joly, plombée par sa suffisance et son inexpérience, risque donc finalement de se retourner contre le parti vert, dans lequel la part la plus sincère de l’électorat écologiste risque de ne plus se retrouver.

Sans le vouloir, l’ancien juge aurait ainsi rendu un signalé service à la France, aux Français et à la véritable écologie.


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