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Lu dans la presse : L’écologie vue à travers les prismes idéologiques


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Menou Pierre - dimanche 07 février 2010

ecologie
Le temps n’est pas au plus beau pour les experts mondiaux du climat. Comme l’écrit Stéphane Foucart dans Le Monde du 6 février, « Depuis la fin de la conférence de Copenhague, le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) est, outre-Manche, sous le feu roulant d’une intense campagne médiatique. Pas un jour, ou presque, ne passe sans que nouvelles "révélations" sur le GIEC et les sciences du climat ne soient portées avec fracas à la "une" des quotidiens britanniques. »
 
« Dans les accusations qui pleuvent sur les experts du climat, le vrai voisine avec le faux et la science se mêle à l’idéologie, en un cocktail qui n’a pas finit de ternir l’image du GIEC », écrit encore Stéphane Foucart. En effet, l’écologie est malheureusement devenue l’« otage de l’idéologie », pour reprendre le titre du dossier que le magazine chrétien Monde et Vie consacre à ce problème dans sa livraison du 30 janvier.
 
Monde et Vie publie un débat contradictoire entre deux hommes de droite : d’une part, Jean-Yves Le Gallou, ancien président du groupe Front national au Conseil régional d’Ile-de-France et fondateur du site Polémia, et d’autre part François Bousquet, directeur de la rédaction du Choc du mois. Le premier se dit « à mi-chemin entre climato-sceptiques et climato-prudents ». Le second croit à la responsabilité de l’activité humaine dans le réchauffement climatique et considère que les dimensions du problème sont, comme son enjeu, planétaires.
 
La controverse entre les deux hommes n’échappe pas aux considérations idéologiques. Ainsi Jean-Yves Le Gallou se déclare-t-il favorable à une « écologie enracinée », en s’opposant à la « récupération par l’idéologie mondialiste d’un réchauffement assez modéré pour l’instant et dont rien ne prouve ce manière certaine qu’il ait des causes humaines. »
 
Pour sa part, François Bousquet, qui se réclame de « la droite légitimiste et nationaliste (…) la première à avoir critiqué efficacement l’idée de progrès, voilà 150 ans », veut « casser le discours enchanté sur la science qui est le nôtre depuis un siècle, et qui est en gros le discours du néo-libéralisme. »
 
L’écologie réactualise aussi les divisions des droites
 
L’écologie ne fait donc plus seulement l’objet d’un débat entre la gauche anti-capitaliste et la droite libérale, ou entre les tenants du mondialisme et ceux du particularisme, elle réactualise les oppositions traditionnelles qui divisent les droites elles-mêmes : une droite traditionnelle ou nationaliste, opposée au progressisme et au libéralisme, et une droite libérale, qui se fie au marché pour réguler les rapports entre les hommes et leur environnement.
 
Encore Jean-Yves Le Gallou n’appartient-il pas lui-même à cette dernière mouvance, puisqu’il récuse le mondialisme et le libre-échange, qui, selon lui, « est évidemment une cause majeure d’augmentation de la pollution, puisqu’il conduit à délocaliser des productions qui sont faites dans des conditions relativement économes et écologiques en Europe ou aux Etats-Unis pour les réaliser en Chine ou en Inde dans des conditions écologiques bien pires. »
 
Et la réalité scientifique du réchauffement climatique, dans tout ça ?
 
Elle est d’autant plus difficile à discerner que les scientifiques du GIEC n’échappent pas aux spéculations idéologiques et que la qualité de leurs travaux a récemment été mise en cause, notamment avec l’affaire de la fonte des glaciers de l’Himalaya, dont le GIEC a annoncé la disparition en 2035… au lieu de 2350.
 
Cette erreur, écrit Stéphane Foucart dans Le Monde, « peut être vue comme une coquille bénigne, une erreur commise sans intention de tromper : elle n’est pas reprise dans le résumé du rapport rédigé à l’intention des décideurs. Mais elle peut être vue autrement. Depuis trois ans que le rapport du GIEC a été rendu public, cette fausse estimation a été largement citée dans la presse grand public sous la caution du GIEC. Entre 2007 et 2009, une quarantaine d’articles de recherche, publiés dans des revues savantes, ont également cité l’estimation fautives… »
 
Ce que le journaliste n’indique pas et qui est sans doute le plus grave, c’est la source de l’erreur du GIEC : les experts du climat n’ont pas commis eux-mêmes la « coquille » : ils l’ont reprise, sans vérification, dans un rapport publié par le WWF, ONG écologiste, laquelle avait elle-même tirée l’information d’un article paru dans l’hebdomadaire américain New Scientist.
 
Pour des « experts », on a déjà vu plus sérieux…

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