Menou Pierre - samedi 20 mars 2010
regionales, ump
« C’est le pays des Bisounours ! » Confiait un élu UMP au Parisien à l’issue d’une réunion à l’Elysée, après le premier tour des régionales. Le deuxième tour n’a pas encore eu lieu à l’heure où j’écris ces lignes et les résultats définitifs seront connues lorsqu’elles seront publiées, mais ils ne modifieront pas l’analyse générale que l’on peut tirer de ces élections.
Si cet élu UMP parlait de bisounours, c’est parce que le président de la République ne paraissait pas particulièrement mécontent du score du parti majoritaire : « On a frôlé la catastrophe, mais on en est loin ! Malgré une crise historique et des élections de mi-mandat toujours mauvaises, il n’y a pas eu d’effondrement. », affirmait-il. On se rassure comme on peut…
Ce déni de réalité est partagé par le gouvernement et par les principaux barons du parti présidentiel, qui pratiquent la politique de l’autruche. « Il y a toujours plusieurs manières de commenter un scrutin. Plus ou moins fiables. Plus ou moins honnêtes », écrit Céline Pascot dans Minute du 17 mars. « Les dirigeants de l’UMP en ont donné un assez pathétique exemple sur les plateaux de télévision (…), en tentant d’expliquer que si une majorité de Français s’était abstenue au premier tour de ces élections régionales, c’est parce qu’ils ne voulaient pas cautionner la gestion désastreuse, calamiteuse, quasi apocalyptique des présidents socialistes sortants des conseils régionaux. »
« Si les gens (…) placent le parti présidentiel à 26 % des suffrages exprimés, s’ils donnent à la gauche une majorité écrasante de voix (autour de 55 %) comme elle n’en a jamais eue – y compris sous les deux septennats de François Mitterrand – c’est une preuve d’amour envers le parti unique de la majorité présidentielle ? », demande, ironique, Céline Pascot.
« Avec environ 5 millions de voix sur plus de 46,6 millions d’électeurs inscrits, ce n’est pas exactement le meilleur signe de la popularité. Ce serait plutôt celui de la déconnexion d’avec le « peuple de droite » qui avait porté Nicolas Sarkozy au pouvoir et même d’avec le peuple français tout court, qui, à 53 %, l’a élu. »
53 %, c’est le score des abstentionnistes. Ce qui ne signifie évidemment pas que tous ceux qui ont boudé les urnes soient des électeurs de droite, mais à n’en pas douter ces derniers étaient bien représentés parmi les pêcheurs à la ligne du premier tour.
Il n’est pas certain que la meilleure façon de les remobiliser consiste à draguer les voix des écologistes, écrit François d’Orcival dans Valeurs Actuelles du 18 mars :
« Il n’est pas sûr qu’il faille les chercher du côté des écologistes qui fusionnent avec les socialistes. (…) Car l’électeur de droite tempête contre tout ce qui lui paraît s’inspirer des attitudes, des mots, des modes de la gauche parisienne. L’insistance à poursuivre l’“ouverture” à gauche, voulue comme un apaisement de nos divisions par Nicolas Sarkozy, exaspère les élus et leurs opinions. L’affaire Polanski, la violence au lycée, la réforme de l’enseignement de l’histoire vécue comme un abandon, celle de la taxe professionnelle, mal expliquée, qui passe pour une hausse des impôts personnels, le débat sur la taxe carbone, finalement rejetée par le Conseil constitutionnel, sont quelques-uns des motifs de ces sautes d’humeur. »
Nicolas Sarkozy ne l’a visiblement pas compris.
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