Menou Pierre - dimanche 02 mai 2010
islam
Montage intégriste autour d’un procès-verbal ? Dans Valeurs Actuelles du 28 avril, François d’Orcival se pose des questions pertinentes, concernant les suites données à la contravention dressée par des policiers à une femme qui conduisait vêtue d’un niqab, à Nantes.
« Comme c’est étrange… », écrit l’éditorialiste. « C’est le vendredi 2 avril, dans une rue de Nantes, qu’un policier de la circulation, plus attentif que d’autres, fait arrêter la voiture d’une conductrice voilée de la tête au pied, ne laissant apparaître que ses yeux noisette, et la verbalise pour "circulation dans des conditions non aisées". (…) Mais, pendant trois semaines, personne n’en sait rien. Pas un mot.Puis, le mercredi 21 avril, en Conseil des ministres, le président de la République annonce qu’il est décidé à faire voter une proposition de loi présentée par Éric Ciotti, député des Alpes-Maritimes, pour interdire le port de la burqa sur notre territoire. Et là, tout éclate ! La verbalisée de Nantes se met à protester contre sa contravention, elle interpelle le ministère public, et elle tient, le 23, un "point de presse" avec l’AFP, les radios, la presse régionale. Quelle professionnelle des médias ! Cette "réunion" a lieu devant le commerce de son mari et en sa présence. Elle, toujours voilée de noir, et s’exprimant parfaitement. Lui, barbu à souhait, couvert de son keffieh et de sa calotte brodée. L’accent de la jeune femme ne trompe pas, c’est une Nantaise convertie à l’islam. »
Cette femme, aujourd’hui âgée de 31 ans, s’est mariée à 20 ans avec Liès Hebbadj, un Algérien arrivé en France à l’âge de 2 ans et qui a obtenu la nationalité française par mariage en 1999. Ce dernier, qui gère aujourd’hui une boucherie halal, a d’abord tenu une librairie musulmane – « c’est-à-dire un centre de propagande », commente François d’Orcival. La police le soupçonne d’appartenir au Tabligh, une mouvance islamiste intégriste.
« Qu’a-t-il voulu faire en mettant en scène sa femme voilée ? », s’interroge l’éditorialiste de Valeurs Actuelle qui souligne que celle-ci « ne s’est pas présentée seule devant les micros, mais assistée par un avocat nantais connu, Me Jean-Michel Pollono, spécialiste du divorce, mais qui plaide aussi devant les cours d’assises. Tout cela révèle la préparation minutieuse d’une provocation. »
L’affaire rebondit cependant, lorsque l’on apprend que l’Algérien naturalisé a quatre femmes (puis cinq), dont il aurait eu au moins douze enfants. Autrement dit, qu’il est polygame alors que la polygamie est interdite en France ; et que ses différentes femmes perçoivent toutes l’allocation de parent isolé. « Fraude aux prestations sociales », traduit le ministre de l’Intérieur, Brice Hortefeux, en se proposant d’obtenir la déchéance de la nationalité de ce multi-mari.
Les maîtresses ne sont pas interdites en France
Pas le moins du monde, contre-attaque celui-ci : il ne s’agit pas d’épouses, mais de maîtresses. « A ce que je sache, ajoute-t-il, les maîtresses ne sont pas interdites en France, ni par l'islam. Peut-être par le christianisme, mais pas en France. Si on est déchu de sa nationalité pour avoir des maîtresses, il y a beaucoup de Français qui seraient alors déchus de la nationalité». Au reste, une mère célibataire qui a un amant perd-elle le droit à l’allocation de parent isolé ? Non content de se payer ainsi la fiole d’Hortefeux, le barbu annonce en prime qu’il va déposer une plainte en diffamation contre le ministre !
« L’opinion découvre ainsi comment nos caisses sociales et nos lois sont détournées », commente François d’Orcival. « Pire, cela se passe avec le consentement de l’Administration ! Car le maire de Nantes, le socialiste Jean-Marc Ayrault, vous le dit : "La situation de cet homme est connue depuis un bon moment par les services de l’État et la caisse d’allocations familiales. Pourquoi feint-on de découvrir cette situation ?" »
Bonne question. On pourrait peut-être la poser à Chantal Brunel, élue de Seine-et-Marne, qui dénonce depuis longtemps la réalité de la polygamie en France. Auteur d’un amendement voté en juillet 2006, qui modifiait le code de la Sécurité sociale afin que les prestations sociales attribuées aux familles polygames soient versées à un tuteur désigné par le juge des enfants – précaution que la version 2007 du code de la Sécurité sociale a malencontreusement « oubliée »… –, elle expliquait voilà déjà plus d’une dizaine d’années, à un journaliste de Minute, me semble-t-il, comment les tentatives menées par l’Etat français pour interdire la polygamie avaient, dès cette époque, été tournées : les époux polygames avaient officiellement divorcé et leurs épouses prétendument délaissées avaient demandé l’allocation d’aide au parent isolé – et un logement social en prime. Ce qui permettait aux ex-maris de ramasser encore plus d’aides sociales.
C’est beau, c’est grand, c’est généreux, La France. Et en plus, le ridicule n’y tue pas !
Pierre Menou
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