Thieulloy (de) Guillaume - mercredi 26 novembre 2008
religion, livres
Le cardinal Journet est aujourd’hui bien oublié. En dehors de quelques théologiens, plus grand monde ne se préoccupe de lire ses œuvres. Pourtant, ce frêle prêtre suisse a été l’un des plus importants théologiens du XXe siècle.
Spécialiste de l’Église, Charles Journet a été aussi un « militant ». En particulier, avec son ami Jacques Maritain, il a été l’un des principaux penseurs catholiques s’opposant aux deux totalitarismes du siècle : le national-socialisme et le marxisme-léninisme. Ses « Destinées d’Israël » et le recueil d’éditoriaux parus (ou censurés !) durant les années d’occupation dans Nova et Vetera, la revue doctrinale que Journet avait fondée et publiés sous le titre « Exigences chrétiennes en politique » sont, en particulier, des chefs-d’œuvre de courage et de rigueur doctrinale.
Dans son domaine de compétence propre, l’ecclésiologie, Journet est l’auteur d’une somme imposante et malheureusement inachevée : « L’Église du Verbe incarné », qui vient d’être rééditée par les éditions St-Augustin (prélude à la publication des œuvres complètes).
En remerciement de ce travail théologique, Paul VI, qui l’appréciait beaucoup, l’a nommé cardinal en 1965. Il est par la suite intervenu à quelques reprises dans les débats de Vatican II, en particulier pour présenter une vision de la liberté religieuse (l’un des dossiers les plus épineux du concile) enracinée dans la Tradition et, tout spécialement, dans la pensée de saint Thomas d’Aquin.
C’est une excellente initiative que vient de prendre Guy Boissard, l’un des principaux animateurs de la revue Nova et Vetera, naguère fondée par Journet, d’écrire cette biographie d’une figure attachante et trop méconnue.
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