Dumait Alain - dimanche 26 décembre 2004
Né en Autriche, mais immigré en 1940 aux États-Unis à cause des persécutions nazies, Ludwig von Mises (1881-1973) est la figure majeure de l’école dite « autrichienne » qui a révolutionné la conception des fondamentaux théoriques de l’économie de marché. Moins connu en France qu’Hayek, il est l’inspirateur originel de ce dernier. Au sein d’une œuvre abondante - qui s’inaugure avec la « Théorie sur la monnaie et le crédit » (1912), puis « Liberalismus » (1927, traduction française aux Éditions Médicis en 1938: « Le Libéralisme ») et se clôt avec « The ultimate foundation of economic science » (1962) - « l’Action Humaine » (1949) est l’opus magnum de Mises. Il y rejette le modèle simplificateur de l’« Homo economicus » des néoclassiques, au profit d’une approche qualitative, « marginaliste » et « subjective » des relations du marché, fondé sur l’individualisme méthodologique. Réintégré dans le temps et confronté à un contexte d’incertitude, l’individu agissant et coopérant librement est, dans cette perspective anti-interventionniste, plus en mesure que l’État d’effectuer les choix pertinents. « L’Action humaine » n’est plus, depuis plusieurs années, disponible dans la traduction de Raoul Audoin, que les PUF avaient fait paraître en 1985. C’est pour pallier cette regrettable carence, et faciliter du coup l’accès à cette somme de près de mille pages, que la « Bibliothèque classique de la liberté » - dirigée par Alain Laurent - propose une sélection ordonnée de ses passages théoriques les plus forts, dans une nouvelle traduction de Gérard Dréan.
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