Piard Bernard - mercredi 05 avril 2006
Lu pour vous : Le libéralisme américain
Dans son dernier ouvrage qui vient de paraître aux Belles Lettres, Alain Laurent, qui dirige par ailleurs, dans cette même maison d’édition, la collection « Bibliothèque classique de la liberté », s’interroge sur l’évolution du sens du mot libéralisme dont on sait que, s’il est également utilisé de ce côté-ci et de ce côté-là de l’Atlantique, c’est, presque toujours, avec un sens diamétralement opposé. Les « libérals » américains, depuis un certain F.D. Roosevelt et son New Deal, seraient, chez nous, étiquetés comme des socialistes et rien d’autre.
L’auteur remonte aux sources. Le dévoiement du terme libéralisme a commencé en Grande-Bretagne ou le parti éponyme domina largement la vie politique tout au long du xixe siècle. Par démagogie, pour garder le pouvoir, selon une règle hélas universelle, les « libéraux » britanniques, façon William Gladstone, sont devenus de plus en plus interventionnistes et de moins en moins laissez-fairistes. Mais c’est aux Etats-Unis que le dévoiement du terme s’accomplira.
Pour sa recherche, Alain Laurent est amené à rendre visite à tous les courants contemporains du libéralisme vivant, des dissidences objectivistes (dont la figure emblématique est Ayn Rand) ou anarcho-capitalistes (comme Murray Rothbard), jusqu’aux libertariens, conservateurs ou non, en passant par les néo-conservateurs, pas toujours très libéraux. Cette histoire n’est pas simple, mais elle est riche de pensées toujours d’actualité. Et on peut compter sur Alain Laurent pour dénoncer les faux libéraux, ceux qui, d’une façon ou d’une autre, renient le droit de propriété, renoncent à limiter l’action de l’État, remettent en cause la liberté des échanges ou veulent cantonner les lois du marché.
Bernard Piard
Le sommaire et la quatriéme de couverture
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