Laurent Alain - mardi 27 novembre 2007
livres
Auteur d’une théorie culturelle de l’évolution qui a marqué son temps (J.S. Mill, Nietzsche, Durkheim, Bergson en furent les commentateurs volontiers critiques), le philosophe et sociologue britannique Herbert Spencer (1820-1903) a depuis été étrangement oublié – sauf pour être parfois caricaturé en apôtre d’un « darwinisme social » cruel aux pauvres.
En revisitant exhaustivement les moments et axes forts de son œuvre abondante (La Statique sociale, Les principes de la morale, L’Individu contre l’État…) et se référant sans cesse aux textes, Yvan Blot (ancien élève de l’ENA, ancien parlementaire FN et aujourd’hui haut fonctionnaire) répare remarquablement ces injustices.
Spencer est ainsi rétabli en sa qualité de rigoureux penseur d’une théorie sociale, politique et économique typiquement libérale, fondée sur le principe d’« égale liberté pour tous », le droit naturel des individus et la coopération pacifique volontaire – où l’évolution conduit de la subordination vers la coordination, du statut vers le contrat et vers une réduction draconienne de la place de l’État. De même est soulignée la remarquable prescience qui lui a permis d’être le premier à avoir révélé la logique despotique fatale qui anime le socialisme…
Alain Laurent
*Cet ouvrage inaugure une nouvelle collection de biographies intellectuelles, les « Penseurs de la liberté », qui accueillera ensuite des études consacrées à Jean-François Revel, Ayn Rand et Hayek. De Spencer lui-même, on peut lire « Le droit d’ignorer l’État »
(Les Belles Lettres, 1994), seul titre de cet auteur actuellement disponible.
Herbert Spencer
Un évolutionniste contre l’étatisme*
Les Belles Lettres
330 pages - 28 euros
ACHETER AVEC AMAZON
0 commentaires - Ecrire un commentaire
|