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Lundi de Pentecôte: fausse solution à un vrai problème!


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Rouxel Jean - dimanche 22 mai 2005


Malgré tous les préavis de grève, les pétitions, et les contournements plus ou moins grossiers de la loi, le gouvernement Raffarin a maintenu la suppression du lundi de Pentecôte comme jour férié pour financer la dépendance des personnes âgées et des handicapés.
Que le financement de cette branche de l’action sociale soit destiné à prendre de plus en plus de poids dans les dépenses publiques est une évidence: la population française vieillit, par conséquent le nombre de personnes dépendantes augmente.
Mais, à partir de ce constat, les interprétations divergent.
Une famille qui aurait la charge d’une personne âgée dépendante évaluerait les besoins de cette personne et regarderait quelle dépense elle peut supprimer pour subvenir à ces besoins.
Le gouvernement Raffarin, lui, considère que toutes les dépenses publiques sont d’une importance stratégique pour l’avenir de la France. Aucune dépense n’est matière à option.
Comme le Premier ministre a fait le pari que les prélèvements obligatoires étaient à leur maximum supportable – ce qui paraît difficilement contestable! –, la seule “solution” qu’il envisage est de trouver de nouvelles recettes, au lieu de songer à redéployer la dépense publique.
Mais, en outre, même dans la recherche de nouvelles recettes, il agit en dépit du bon sens. D’une façon ou d’une autre, toutes les recettes d’un pays proviennent du travail de ses citoyens. Il serait fort surprenant, à niveau de développement égal, qu’un pays où l’on ne travaille que 35 heures ait autant de ressources qu’un pays où l’on en travaille 39, ou plus.
Or, la durée légale du temps de travail est un tabou sur lequel Jean-Pierre Raffarin ne souhaite pas revenir.
Bref, non seulement le Premier ministre refuse de poser un choix politique sur l’importance relative des différentes dépenses publiques, mais encore il refuse de libérer la seule source de recettes disponible. On ne s’étonnera donc pas que son attitude face à l’augmentation des dépenses liées à la dépendance des personnes les plus faibles de notre société soit d’une efficacité limitée.
Pire encore: en refusant de libérer le travail, tout en constatant l’importance du travail pour la prospérité du pays, le Premier ministre en est réduit à imposer un temps de travail sans rémunération, tant il est vrai que le choix n’est, en cette matière, qu’entre le travail libre et le servage…

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