Barrucand Pierre - mercredi 18 octobre 2006
Depuis plus de vingt ans, une campagne extraordinaire se déploie, sans motif sérieux, contre les « sectes », terme générique sans signification précise, désignant certaines petites organisations religieuses. Parmi les prétendus griefs, figurent les « manipulations mentales » – une chose qui n’existe pas et est impossible – et des accusations, mal formulées, de dol financier, sans qu’aucune preuve ne soit convaincante.
Plusieurs commissions parlementaires furent constituées, écoutant presqu’exclusivement les accusateurs et ne consultant jamais les spécialistes en histoire ou sociologie des religions, seuls compétents, et tous opposés à cette campagne infondée.
Rappelons les réticences des Églises protestantes, et la position lucide de feu le Père Vernette, un parfait honnête homme, désigné pour étudier la question par l’Église catholique, et qui sut vite se faire son opinion, toute de tolérance. Finalement, fut publiée une liste des sectes établie par les RG (à la suite de quelles informations ?), mélange ahurissant d’associations sans rapport entre elles et dont nombre n’existent pas ou plus, ou ont moins de dix adhérents. Cette liste (acceptée par une commission parlementaire !) fut rejetée comme fantaisiste, par le Premier ministre Raffarin.
On est incapable de reprocher quoi que ce soit à l’Église de l’unification (dite secte Moon) dont le niveau intellectuel est très élevé, et qui sut publier l’intéressante revue Causa. Pas plus à l’Église de Scientologie, où l’on rencontre beaucoup d’esprits ouverts et tolérants, et qui est encore combattue avec une extrême violence, qualifiée même de très dangereuse, on ne sait pourquoi. Tout récemment, l’infortuné député Hunault fut accusé de collusion avec cette Église pour le simple motif d’un croisement accidentel !
Parmi les « politiques », qui crurent devoir soutenir les associations « anti-sectes », on trouve, à côté de quelques personnalités de droite (About Geist) dont on discerne mal les raisons, bon nombre de socialistes. Or, pendant bien des décennies, leur parti avait eu le souci de défendre les libertés individuelles. Aujourd’hui, il devient de plus en plus répressif.
Mais il y a pire : certains membres et responsables de la Ligue des Droits de l’Homme sont en même temps membres d’organisations anti-sectes, voire avocats-conseils de celles-ci. Étrange conception de ces Droits et étrange ligue qui vers 1937, trouvait les Procès de Moscou tout à fait réguliers et qui depuis ne s’intéressa guère à des procès pour pédophilie, tel celui d’Outreau ou l’affaire Madeiros, où trop d’innocents furent incarcérés sans motif.
Mais, l’article sur l’islam de Redeker, « intellectuel de gauche » fut jugé « nauséabond » par cette ligue, qui s’était déjà signalée dans la défense du « droit » des jeunes filles à porter le voile dans les collèges ou lycées. Le MRAP taxa Redeker de propos racistes (ce qui le fit surnommer par Konopnicki mouvement de respect d’Allah et du Prophète). Il y a, reliquat des campagnes anti-sectes, une Mission de lutte contre les dérives sectaires que rien ne justifie, de telles dérives, étant exceptionnelles ou insignifiantes.
D’autre part, il n’y a pas lieu de parler ici de l’Islam en général ou du terrorisme. Mais il existe des courants de pensée : Wahhabites, salafistes, déobandis… qui visent à assujettir les populations musulmanes, notamment en France, à un contrôle social total, à imposer aux femmes voiles, claustration et une forme de semi-esclavage, à contraindre tout le monde au respect strict du ramadan et à subir un véritable endoctrinement venant de certains imams de ces tendances. Ces pratiques créent un climat social insupportable, et distinct de celui causé par les « djeunes », par la « caillera » auquel il s’ajoute. Bien pire, il trouve un appui chez certains non musulmans qui y voient parfois une forme d’ordre, mortifère, qui limite les excès de la « caillera ».
Or, cet ordre crée une double ségrégation : isolement absolu de certains îlots et séparation totale entre les sexes. Il est donc la négation de toute liberté, de toute unité nationale et s’impose dans une logique de combats.
Il existe donc des dérives islamiques (non terroristes) très graves qui doivent être étudiées soigneusement et il y a lieu de s’interroger sur le rôle de certaines associations telles la Ligue des Droits de l’Homme ou le MRAP, le plus énigmatique et inquiétant étant celui de la Ligue.
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