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Malaise cardiaque de Nicolas Sarkozy et ambiance de cour |
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Lambert Christian - mercredi 19 août 2009
sarkozy
Le chef de l’État a été victime le 26 juillet d’un malaise cardiaque. C’est malheureusement un ennui de santé aussi banal que regrettable, mais voici que cet incident qui, dans une société normale, aurait dû passer inaperçu ou presque a provoqué un tsunami de déclarations aussi stupides qu’obséquieuses.
Les sommets, déjà élevés, de la flagornerie ont été dépassés. Que l’on en juge : « Le malaise du président de la République n’a ni cause ni conséquence. Ce n’est rien. » C’est la première fois dans l’histoire de la pensée humaine qu’un phénomène n’a pas de cause. Nous voici en dehors de toute réflexion philosophique. Ce qui s’est passé est tout simplement un phénomène divin. C’est un mystère.
Un ministre,et non des moindres, a même déclaré sans perdre une minute : « Le président a été hospitalisé à l’hôpital militaire du Val-de-Grâce, après y avoir été transporté d’urgence par hélicoptère. Sa santé est tout à fait normale. Je m’en vais le retrouver pour travailler. »
En d’autres termes, plus on a de malaises cardiaques, mieux on se porte. Notre président, c’est Zorro. C’est le phénix de la mythologie. C’est Jupiter, dieu du ciel et des lumières. Ne s’était-il pas d’ailleurs déclaré « infatigable » (sic) ?
Dans ce concert – un Te Deum, (Te Deum laudamus) –, une seule voix honteusement discordante s’est fait entendre, celle d’un certain Lefebvre, chargé, parmi d’autres, de la communication du président. Il se laissa aller, le malheureux, à dire qu’il s’agissait d’un malaise « cardiaque ». Il employa le mot « cardiaque ». Maladresse stupéfiante, alors qu’il aurait fallu dire « vagal » (?). Il fut aussitôt fustigé, menacé et puni. Il attendra un mois de plus sa nomination tant espérée aux fonctions de secrétaire d’État. ça lui apprendra !
Voilà qui en dit long sur l’ambiance de cour qui règne à l’Élysée et aux alentours. On se croirait dans la Roumanie de Ceaucescu. Vous vous souvenez, le « génie des Carpathes » ?
Eh bien, je vais vous dire la vérité sans être agrégé de médecine. Elle est toute simple. Nicolas Sarkozy a eu un malaise, pour une raison qui relève du sens commun : parce qu’il mène une vie de « patachon ». Vous savez ce qu’est un patachon ? Peut-être pas. Un patachon est le conducteur toujours en route d’une patache, c’est-à-dire une carriole qui se conduit mal et qu’il conduit mal…
Encore un mot sur cette petite affaire. Est-il vraiment nécessaire que soit publié à tout bout de champ l’état de santé d’un chef d’État quel qu’il soit ? Je comprends que le bon peuple démocratique ne veuille pas d’un président détenteur de l’arme atomique qui soit par exemple alcoolique, amnésique, hémiplégique et épileptique… Mais, si l’on continue comme cela dans la transparence qui tourne à l’exhibitionnisme, on aura un bulletin de santé sur la colique du président, ses cors aux pieds et son dernier mal de dents. Ne croyez-vous pas que, là aussi, il faudrait un peu de bon sens et de décence ?
Pour terminer ce propos, je ferai une comparaison. Le général de Gaulle, lorsqu’il était aux affaires, n’avait certes pas le même âge que Sarkozy, mais enfin, à 20 heures, il s’était retiré dans ses appartements, en prenant soin d’éteindre les lumières de son bureau. Les dîners officiels (toujours ennuyeux et généralement inutiles) se terminaient impérativement à 22 heures. Le général de Gaulle ne commençait pas une nouvelle journée à 23 heures. Il ne suivait pas un régime amaigrissant. Il ne buvait pas du café en permanence…
La vérité est que si, investi de hautes fonctions, on ne domine pas les êtres et les circonstances, si l’on veut tout faire soi-même en jugeant tout le monde comme n’étant pas à la hauteur, on est vite écrasé physiquement, mentalement et politiquement, par le poids de sa charge.
Médiatisé comme il l’a été, « l’incident de santé dont a été victime le président Sarkozy, écrit « Le Monde », restera peut-être comme un tournant du quinquennat ».
Ce n’est évidemment pas positif pour Nicolas Sarkozy, qui ne tient que par l’image, l’agitation et les discours et dont la popularité est, depuis le lendemain de son élection, au-dessous de 50 % – et atteint parfois 70 % d’opinions défavorables.
Ceci étant, le pire du pire est qu’on ne voit rien de mieux, nulle part ailleurs !
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