Rouxel Jean - mardi 04 janvier 2011
sarkozy, parti-socialiste
Pour une bonne prise en compte du rapport de forces politique, il ne suffit pas de regarder nos propres forces et faiblesses à droite. Et nous savons bien que les deux principales faiblesses de la droite résident dans l’acceptation du diktat contre l’entente à droite, et dans le fait que monte dans l’opinion publique un rejet de plus en plus fort, non pas principalement de la politique de Nicolas Sarkozy, mais de sa personne.
Il ne faut pas seulement regarder ses propres forces et faiblesses, disais-je, il faut aussi regarder les forces et faiblesses de l’adversaire.
Parmi ces faiblesses de la gauche, il faut relever en particulier l’absence de personnalités charismatiques (du moins tant que Strauss-Kahn ne sera pas décidé à tenter sa chance).
Le moins que l’on puisse dire, c’est que le duel Aubry-Royal n’est pas vraiment enthousiasmant.
Mais il y a une autre faiblesse, dont nous avons déjà parlé ici, et que l’actualité récente vient de faire ressurgir : les abondantes divisions idéologiques au sein du PS.
Manuel Valls vient de le manifester une nouvelle fois, en disant que la gauche, si elle gagnait en 2012, devrait « déverrouiller les 35 heures ». Suscitant instantanément la colère de ses « amis » politiques !
De toute évidence, les primaires socialistes vont être l’occasion de mettre à vif ces divergences et des gens comme Valls d’un côté, Hamon de l’autre, ne se gêneront certainement pas pour mettre de l’huile sur le feu et faire parler d’eux !
Ces faiblesses de la gauche ne suffiront sans doute pas à la victoire de Nicolas Sarkozy. Il y a d’ailleurs un peu trop longtemps que les victoires aux élections présidentielles sont des victoires par défaut, dans lesquelles le talent du candidat victorieux (qui est rarement niable) a peu compté devant le rejet du candidat malheureux. En tout cas, il serait suicidaire pour la droite de se reposer sur les faiblesses du PS pour gagner en 2012. Même si cela n’empêche pas de tenir compte de ces faiblesses pour préparer la victoire…
Cependant, il faut bien comprendre la « petite phrase » de Valls. Elle est d’abord une pierre dans le jardin de Martine Aubry, évidemment. Mais elle est aussi – et c’est beaucoup plus grave – une pierre dans le jardin de Nicolas Sarkozy.
Car, malgré son image de « casseur du modèle social français », Nicolas Sarkozy n’aura en fait qu’un piètre bilan de réforme. Et même sur les 35 heures, la gauche menace d’être plus réformiste que lui. Encore une faiblesse de la droite pour 2012 !
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