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Marine, Goldman et la Panaméra, ou la nation face au socialisme de marché.


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Bonnal Nicolas - vendredi 13 mai 2011

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Pour l’instant, Marine Le Pen n’a rien à faire. Elle n’a pas besoin d’arguments ou de mouvements à exécuter, ses adversaires s’en chargent. Face à ses adversaires libéraux de gauche et de l’UMP, elle n’a qu’à laisser faire.

L’affaire de la Panaméra de DSK l’a montré à bon escient, même si le patron du FMI et sa luxueuse épouse de TF1 n’ont fait qu’enfoncer une porte ouverte : on a le droit d’être de gauche et d’afficher avec arrogance un train de vie de milliardaire.

Les médias ont fait semblant une nouvelle fois de redécouvrir ce qui était une évidence lors des années Mitterrand, l’alliance de la gauche et du gros fric. On se souvient de l’affaire Pelat, du scandale Elf, du rachat d’Yves Saint-Laurent, et j’en passe. On parlait encore de gauche caviar. On nous invitait à voter Tapie, l’increvable Tapie, qui roulait en Porsche lui aussi (une 959, à 1.7 million… de francs), traînait dans des yachts de grossium comme Bolloré, et venait se faire élire à Marseille ou ailleurs, suivant l’humeur des parachutes roses.

Quitte à enfoncer une autre porte ouverte, je dirais même que le gros fric vote à gauche, qu’il a toujours voté à gauche. Il n’y a qu’à lire les magazines, notamment féminins financés par la fringue et les cosmétiques. La culture de droite est économe, elle thésaurise, elle est trop raisonnable pour la société de consommation et la mort à crédit, elle n’est pas assez libertaire, pas assez déjantée… N’est-ce pas, Galliano ?

DSK a une longue suite de casseroles d’affaires politiques et même sexuelles (voir le livre Sexus politicus), notamment au FMI ; pour l’instant cela ne le dérange pas, il caracole en tête des sondages : le bobo lui fait confiance, le bobo en verra d’autres. DSK incarne cette gauche fatiguée, cette élite blasée qui ne va pas changer ses bonnes habitudes et qui est là pour palper, tandis que nous sommes là pour regarder. Voyez Blair, payé 100 000 euros l’heure de conférence, alors qu’il a laissé son vieux pays en crise totale, avec des déficits drastiques, ses communautés haineuses et sa diplomatie de caniche de l’oncle Sam.

Tony Blair est là pour palper, rétribué par la banque d’affaires JP Morgan il n’est plus là pour gouverner. Il est là pour mener la belle vie et voler en jet privé à 35 000 euros l’heure de vol. Et les politiciens postmodernes sont là pour mener la belle vie des footeux et des rois de la bourse, pas pour résoudre les problèmes du populo. On les mettra à la tête des entreprises nationales qu’ils auront privatisées pour leurs copains, c’est tout. En Espagne la présidente socialiste du parlement du mini-état ruiné de la Catalogne touche 15 000 euros par mois ; et pour quoi faire ? Mais c’est toujours moins que Messi ou que Bernard Arnault, et c’est ce qui les tue, c’est ce qui les rend malades…

Ce que je sais, c’est que Marine Le Pen n’a plus besoin de faire campagne. A 200 à l’heure, c’est la Panaméra qui lui ouvre la route avant de s’emboutir. C’est la Panaméra de l’oligarque harassé, ce sont les guéguerres de Sarkozy et de Juppé qui n’ont pourtant plus un rond ou un soldat, ou bien c’est la nomination de Draghi à la tête de la BCE pour succéder au bonhomme Trichet.

Draghi, ancien très pieux élève des jésuites, et surtout associé de Goldman Sachs, à la tête de la BCE ! Goldman Sachs à la tête de la politique bancaire européenne cinq ans après avoir mis Paulson aux finances yankees, histoire de bien gérer la crise que tout le monde voyait venir (j’en parlais ici-même dès 2004) ! A quelle sauce ne mangera-t-on les peuples européens, quand les faillites socialistes feront crouler le château de faux billets pour le profit de quelques agioteurs ? En réalité depuis trente ans la construction socialiste de l’Europe est allée de pair avec l’endettement des nations invitées à disparaître et l’explosion des marchés financiers : le socialisme de marché est une hydre à deux têtes, c’est tout.

Ce que je sais, c’est que Marine Le Pen n’a plus besoin de faire campagne. Ses ennemis s’en chargent.


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