Courrier - mercredi 09 mars 2011
2012, le-pen
En avouant dans une interview à « Elle » son admiration pour Israël, Marine Le Pen vient de faire tomber l’une des trois barrières qui m’ont toujours empêché de voter pour son père : son antisémitisme.
Des deux barrières qui restent, l’une commence à vaciller. Il s’agit du refus de se considérer comme un parti de gouvernement. Il était certes difficile de conclure une alliance avec les princes qui nous gouvernent depuis trente ans, mais le FN n’a jamais voulu essayer et il ne sert à rien de proposer sans se donner les moyens d’accomplir. Avec Marine, les choses pourraient changer.
Restera alors la dernière barrière, la plus difficile à abattre. Il s’agit du refus de l’Europe. J’aime autant la France que les Le Pen, mais je ne la vois pas recroquevillée sur elle-même. Je suis profondément français, mais aussi profondément européen. J’ai connu l’humiliation du contrôle des changes et des dévaluations successives et j’ai toujours espéré une monnaie européenne unique.
Et même si l’Europe que l’on nous construit n’est pas celle dont j’avais rêvé, je me refuse à jeter le bébé avec l’eau du bain. Le FN reste quand même pour moi le parti qui a toujours dit la vérité sur l’immigration africaine. Mais cette vérité est de moins en moins spécifique à la France et nos voisins commencent à se réveiller. La France n’est plus seule pour mener cette bataille et nous aurions tort de nous replier sur nous-mêmes.
Roger Saint-Pierre – La Rochelle (17)
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