Rouxel Jean - mercredi 16 mars 2011
le-pen, 2012
Il est tout de même étrange qu’il soit possible à la « classe parlante » d’évoquer les sondages donnant Marine Le Pen au deuxième tour de l’élection présidentielle de 2012, pendant plus d’une semaine, sans jamais s’interroger sur les causes de ce résultat !
Le vote FN n’est tout de même pas une « génération spontanée ». Il doit bien avoir des causes. Et si les « élites » politico-médiatiques veulent refuser les effets, elles seraient bienvenues d’attaquer les causes.
Or, ces causes ne font que croître et embellir.
En gros, on peut diviser le vote FN en deux parties (dont la proportion change selon les scrutins) : un vote de gauche et un vote de droite. Et ce qui réunit les deux, c’est la constatation que la gauche et la droite dites « de gouvernement » ne répondent pas aux désirs des électeurs.
Pour les électeurs de gauche, il est clair que l’objectif prioritaire est de lutter contre les délocalisations et le chômage. C’est-à-dire de refuser l’Europe ouverte à tous les vents, dans laquelle le coût de la protection sociale ne repose que sur les produits français, alourdissant considérablement leurs prix. Et, évidemment, de refuser l’immigration de masse qui aggrave la faillite de l’État-Providence.
Mais ce qui nous intéresse ici, c’est surtout le vote de droite. Pourquoi des électeurs de Nicolas Sarkozy s’apprêtent-ils à voter FN ? Tout simplement, parce que les promesses n’ont pas été tenues.
Certes, Sarkozy n’en est pas le seul responsable, comme en témoignent les récentes et absurdes censures du Conseil constitutionnel (voir p. 3).
Mais lui-même est un réformateur « brouillon ». Regardez la réforme de l’ISF. Il prétend s’attaquer enfin à cet impôt inique et paralysant. Mais en proposant de taxer les plus-values latentes, il pourrait pénaliser plus encore les classes moyennes supérieures qui sont les véritables investisseurs dans la plupart des pays développés. Regardez aussi la lâcheté des députés UMP et du gouvernement qui ont finalement renoncé à parler de déchéance de nationalité pour les assassins de policiers.
Et que l’on ne nous dise pas que la majorité s’oppose à des intérêts trop puissants, les syndicats les médias, que sais-je encore ? Il existe un moyen très simple pour faire passer des idées « populistes » malgré les bonnes consciences : le référendum (voir p. 8). Que Nicolas Sarkozy n’a utilisé ni pour réformer les finances publiques, ni pour améliorer la sécurité, ni pour résister à l’immigration…
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