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Matraquage de masse et résistance


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Milliere Guy - samedi 13 mars 2004


Certains courriers reçus ces dernières semaines après publication de mes articles me laissent pensif et perplexe. Ceux qui m’écrivent, pour la plupart, ne semblent pas faire de différence entre une opinion et un fait… S’il est désormais devenu impossible en France de faire ce genre de différence, cela veut dire que nous ne sommes plus en démocratie, que nous nous rapprochons du tiers-monde.

Une opinion est un avis subjectif. Un fait est une donnée prélevée sur la réalité. Si je parle de la faiblesse et du déclin de la France, ce n’est pas une opinion : c’est un fait, même si ce fait m’attriste et me consterne. Si je parle d’opposition planétaire entre islam militant et Occident, c’est sur la base du constat de faits là encore, même si ces faits n’ont rien pour me plaire.

Par ailleurs et dans la même lignée, je n’ai pas d’opinion du tout concernant l’administration Bush, je n’ai que des explications basées sur des faits. Toutes les opinions du monde ne feront pas disparaître les faits. Et les faits montrent que la France s’est fourvoyée et que Bush a été efficace et a gagné. Une attitude logique devrait consister à partir des faits et non des fantasmes de tel ou tel.

Je n’ai pas d’opinion concernant Saddam Hussein : il a été un dictateur pratiquant le meurtre de masse, il a cherché à se doter d’armes de destruction massive, il a eu des liens avec des groupes terroristes. Ce sont des faits, et j’aimerais que ceux qui me répondent se basent eux aussi sur des faits, et non sur leurs opinions. Quiconque est prêt à me montrer, faits à l’appui, que Saddam était un pacifiste et a apporté le bonheur, la prospérité et la liberté à son peuple, recevra mes remerciements chaleureux. Quiconque esquivera les faits pour asséner ses opinions me paraîtra dépourvu du minimum de sérieux nécessaire.

Je n’ai pas d’opinion non plus concernant Israël. Je sais seulement, là encore, à la différence de nombre de Français, la différence entre démocratie et totalitarisme, je sais ce qu’est le terrorisme, je sais ce qu’a été la Shoah, je connais l’islam et l’islamisme, je connais les moyens d’agitation-propagande mis au point dans la défunte Union Soviétique. Je connais dans le détail la façon dont le « peuple palestinien » a été inventé. Je suis prêt à parler à qui connaît l’histoire, pas à qui a des « opinions », car, je le répète, moi, je n’ai pas d’opinion. Je n’ai plus d’opinion sur rien depuis longtemps.

Nous vivons en France, de facto, et plus généralement une époque inquiétante et pré-totalitaire où l’opinion prime sur la connaissance, et où un footballeur qui utilise ses jambes et a placé sa tête aux abonnés absents, ou bien un présentateur de télévision qui a tout investi chez son dentiste, et rien dans la constitution de sa bibliothèque, peuvent faire un triomphe face à un vrai détenteur de savoir. Nous vivons une époque où les rédacteurs en chef de grands journaux peuvent, à la lecture de mes articles me dire qu’ils ont beaucoup appris : ce qui n’empêchera pas les mêmes articles d’être impitoyablement censurés, précisément parce qu’ils disent une vérité que désormais nul ne doit dire.

Karl Popper, peu de temps avant de mourir avait publié un petit essai intitulé « La télévision, un danger pour la démocratie ». Peu de gens, à l’époque l’ont pris au sérieux. La France montre à quel point Karl Popper avait raison : la télévision est devenue le moyen majeur d’information de millions de gens. Elle place sur le même plan le discours de mon ex-concierge et celui d’un spécialiste, et est même prête à confier le poste de spécialiste à de vils propagandistes. Elle distribue des simulacres de connaissance dissoute dans l’opinion et un mélange savant d’abrutissement médiocre (« Qui sera la nouvelle star ? ») et de propagande pernicieuse (répétez vingt fois par jour que Bush est un abruti et que les États-Unis s’enlisent en Irak, ajoutez que l’armée israélienne est cruelle, et vous verrez des milliers de chiens de Pavlov répéter les phrases bien apprises).

Internet, et une presse dissidente, dont « Les 4 Vérités » font partie, existent mais ne suffisent pas à contrebalancer le matraquage de masse.

Les lecteurs des « 4 Vérités » doivent le savoir : il est impossible de dire certaines choses dans les grands médias, même si d’épais dossiers de preuves existent. J’espère que les lecteurs des « 4 Vérités », dans leur immense majorité, ne sont pas dupes, savent séparer le bon grain de l’ivraie, et lisent la presse dissidente parce qu’ils savent qu’ils peuvent y trouver ce qui est censuré par les semi-totalitaires qui nous gouvernent. Et j’espère qu’ils ne se choquent pas de voir qu’ils y trouvent des faits dont ils n’ont pas entendu parler pendant la grande séance d’hypnose collective qu’est le journal télévisé.


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