Rouxel Jean - mercredi 22 juin 2011
communisme
Le 19 juin, le Parti communiste dit « français » a désigné Jean-Luc Mélenchon pour porter ses couleurs aux prochaines présidentielles.
La candidature Mélenchon a obtenu 59,12 % des militants du PC, devant celle d’André Chassaigne, député du Puy-de-Dôme (36,8 %). Plus important encore, Chassaigne prônait la même stratégie que Mélenchon : celle d’un rassemblement de tous les électeurs à gauche du PS. Cette stratégie du Front de gauche est donc largement majoritaire au PC.
Tous les commentateurs évoquent le score (effectivement pitoyable) de Marie-Georges Buffet en 2007 (1,93 %) pour justifier l’arrivée de Mélenchon. Ce qui peut se comprendre. Mais ils en profitent pour dire que le PC ne pèse plus rien, ce qui est proprement incompréhensible.
La CGT domine encore largement bon nombre de secteurs stratégiques, à commencer par l’énergie et les transports. Elle dirige, entre autres, le comité d’entreprise d’EDF qui bénéficie d’un budget d’un milliard d’euros annuels environ. Les communistes ont encore le pouvoir de paralyser la France ou de la jeter dans le noir. Et, surtout, l’immense majorité des journalistes et des politiques partagent encore la doctrine marxiste. Parler de perte d’influence me semble un peu prématuré !
Sous-estimer ses adversaires, c’est se condamner à les voir toujours gagner !
Mais revenons à Mélenchon. Sa désignation promet une campagne animée, et j’avoue que je m’en réjouis.
Elle promet aussi une campagne populiste et je m’en réjouis plus encore. « Qu’ils s’en aillent tous ! » a récemment écrit le président du Parti de gauche. Le programme me paraît parfaitement justifié : la classe politique actuelle porte la responsabilité d’un déclin sans précédent de notre pays. Je note juste, en passant, que M. Mélenchon en a été un membre actif pendant au moins trois décennies. Je ne suis pas sûr qu’il soit vraiment crédible avec son populisme tout nouveau né…
Reste à étudier la question qui fâche à gauche : celle du report des voix au 2e tour.
Si, comme il le dit, la stratégie de Mélenchon est de dépasser un jour le PS, il n’aura pas d’autre choix que d’essayer de faire battre le candidat socialiste au 2e tour de la présidentielle de 2007. Mais, dans le même temps, il prétend reprendre la stratégie d’union de la gauche de Mitterrand. Il va falloir qu’il choisisse. Dans les deux cas, ce sera un adversaire. Mais, ce sera aussi un allié objectif s’il essaie, comme nous, de redonner la parole au peuple et de faire battre le candidat socialiste !
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