Rouxel Jean - mardi 13 avril 2010
medias
Les gazettes ne bruissent que de l’altercation entre Jean-Luc Mélenchon, sénateur et fondateur du Parti de gauche, et un journaliste.
Cette altercation a commencé parce que Mélenchon déclarait que, deux jours après avoir pleuré sur l’abstention populaire, la une du « Parisien » était consacrée… aux maisons closes.
Et il accusait la presse de ne s’intéresser qu’à des débats sans importance et de pratiquer le voyeurisme pour vendre du papier. Sur le fond, c’est Mélenchon qui a raison.
Les débats que l’on nous propose sont des débats « distrayants », au sens strict : ils sont lancés pour distraire l’opinion publique de la situation politique et de ce sur quoi le peuple a réellement prise.
Même les débats importants sont si mal posés que les réponses sont soit impossibles à donner, soit caricaturales, soit encore elles éloignent la résolution du problème initial.
Mais, cette altercation illustre paradoxalement de façon admirable ce que Mélenchon lui-même critiquait à juste titre.
Pendant plusieurs jours, l’altercation fut un des sujets centraux des rédactions. Mais à qui fera-t-on croire qu’elle a plus d’importance que la réouverture des maisons closes ou l’abstention aux régionales ?
En réalité, ce qu’illustre cyniquement (car j’ai du mal à croire que l’homme ne sache pas ce qu’il fait…) Mélenchon, ce sont les liens pervers des deux castes politique et médiatique.
D’un côté, la presse ne « tient » que par la faveur du pouvoir politique. C’est vrai d’abord au plan financier (par les aides de l’État et par les abondantes publicités des collectivités publiques). Mais c’est vrai aussi au plan du contenu : tous les pseudo « bruits de couloir » sur les secrets d’alcôves des politiques proviennent directement des intéressés eux-mêmes.
Mais, de l’autre côté, les politiques ne peuvent se passer de la presse. Ce qui les fait « exister » n’est évidemment pas les réalisations qu’ils font dans leurs mairies ou les débats auxquels ils participent dans l’hémicycle, mais le fait que la presse parle d’eux.
Bref, Mélenchon a certainement raison de critiquer cette situation, mais il en profite largement !
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