Rouxel Jean - mercredi 08 mars 2006
Le Hamas vient donc de prendre le pouvoir dans les territoires palestiniens, à la suite d’élections plutôt convenables, sans renoncer un seul instant au terrorisme, et sans non plus reconnaître le simple droit à l’existence d’Israël. Une fois de plus, l’Occident se trouve divisé. Les États-Unis, comme le gouvernement de Jérusalem, refusent tout contact avec les nouveaux dirigeants de la bande de Gaza et de la Cisjordanie ; l’Union européenne maintient ses aides à l’autorité palestinienne pour assurer le salaire de ses fonctionnaires ; Chirac se dit hostile à toute sanction ; quant à la Russie, elle a été le premier pays à recevoir officiellement les responsables du mouvement intégriste.
Dans le même temps, l’Iran qui, depuis l’arrivée au pouvoir de l’imam Khomeiny n’a jamais cessé de proclamer sa volonté de détruire l’État d’Israël, dès qu’il en aura les moyens, refuse de s’engager à renoncer à produire de l’uranium enrichi, dernière étape avant la production de bombes atomiques. Sur ce dossier, l’Occident semble mieux rassemblé. À l’ONU, le gouvernement français soutient les efforts de l’Agence internationale de l’énergie et pousse à la saisine du Conseil de Sécurité. La Russie joue un jeu personnel : elle propose ses services pour l’enrichissement de l’uranium iranien sans exiger, en contrepartie, un renoncement de l’Iran à son programme.
On peut parier que l’Iran, riche et fier, ne se laissera pas intimider. D’ailleurs, si on se place de son point de vue, on ne voit pas bien pourquoi l’Inde, la Chine ou Israël pourraient être des puissances nucléaires (pour ne rien dire des trois premières), alors que l’Iran ne le pourrait pas.
À partir du moment où l’Iran détiendrait la bombe atomique, personne ne peut exclure qu’il l’enverrait sur Israël. Pour les dirigeants israéliens et leurs alliés, en tête desquels les États-Unis, il faut à tout prix empêcher cette réalisation. Et le temps presse : dans trois ans au plus, il sera trop tard. Des plans ont été établis pour procéder, dans les semaines qui viennent, au bombardement d’une vingtaine de sites où les équipements iraniens les plus sensibles auraient été dispersés. La réunion de l’exécutif de l’Agence internationale de l’énergie atomique qui s’est ouverte à Vienne, lundi dernier, n’est qu’une première étape pouvant être suivie d’une escalade fatale.
Le pire n’est jamais sûr. Mais on peut dire que les risques d’un conflit terrible, au moins régional, n’ont jamais été aussi grands.
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