Gizardin Henri - mardi 24 janvier 2012
dette
L'annonce du vendredi 13, jour de chance pour la France, est une excellente nouvelle !
La perte d'un célébrissime « A » , ce 3ème dans le label de qualité emblématique, va enfin obliger à la réduction drastique des gabegies innombrables et incontrôlées qui minent les caisses de l’État depuis 35 ans !
Transposons une gestion similaire dans une famille « ordinaire ».
Jean et Françoise Dastier ont 55 ans . Lui travaille depuis 35 ans , elle s'occupe de la maison. Ils hébergent leurs 4 enfants, dont 2 sont encore scolarisés. L’un travaille au département comme agent d'Animation socio-culturelle dans la médiathèque récemment inaugurée, à côté du magnifique Hôtel du Département érigé en 1995. L’autre est à la recherche d'un job, après des stages peu valorisants en entreprise. Les Dastier contribuent au soutien de deux de leurs parents dépendants, dont le père de l'épouse qui vit chez eux.
Ils ont acheté leur maison à crédit qui n'est pas encore à son terme. Pour assurer les études et diverses dépenses, dont les vacances aux sports d'hiver, ils ont contracté 5 autres crédits « revolving » successifs à la consommation. En héritage, ils ont reçu un petit 2 pièces qu'ils louent à une mère-célibataire avec deux enfants qui n'a pas honoré son loyer depuis cinq mois. Membres d'une association, ils hébergent dans leur grenier des sans-papiers qu'ils nourrissent peu ou prou et transportent en ville pour une recherche éventuelle de petit boulot.
D'un autre héritage, ils sont propriétaires d'une modeste résidence à la campagne à laquelle ils tiennent particulièrement pour des raisons sentimentales. Ils ne l'occupent que très épisodiquement, surtout depuis l'adolescence des enfants, mais ils renoncent à louer pour les mêmes raisons, espérant qu'un jour ceux-ci y retrouveront la joie nostalgique de leur jeunesse.
Les revenus cumulés de la famille l'obligent aux impôts et taxes locales qui ont augmenté de 25% depuis leur acquisition. Ils acquittent aussi les frais de cantines des deux derniers.
Jean est cadre dans une entreprise portuaire qui risque la liquidation suite à une grève prolongée des 40 grutiers qui opèrent en monopole sur le site. Grâce à son père qui était agent à Air France, il peut voyager de temps à autre avec toute sa famille à un tarif bien inférieur aux « low cost ». Il en profite pour rejoindre des destinations lointaines où les coûts de résidence sont moins élevés.
Le père de Françoise était cadre à EDF, l'abonnement de l'habitation est à son nom, ce qui leur vaut un prix spécifique très réduit qui les a fait opter pour du tout- électrique, y compris une petite annexe qu'ils louent en gîte de vacances.
Habitant une banlieue de grande ville, Jean emprunte le TER pour se rendre au travail. Mais les grèves et interruptions fréquentes au titre du « droit de retrait » ont affecté ses performances et notoriété dans l'entreprise, menacée par ailleurs d'un plan social qu'il redoute. Certains des ses collègues, représentants syndicaux ou délégués du personnel, ne sont que rarement à poste, la gestion du CE et de ses établissements de montagne étant très exigeante et consommatrice d'attention et de temps...
Pour célébrer dignement le mariage de sa fille aînée, Jean se rend à sa banque pour solliciter un nouveau crédit consommateur. Mais la proposition qui lui est faite par son nouveau et jeune « Relation client » ne laisse pas de l'étonner : « AAH, Monsieur Dastier, le taux du crédit a considérablement augmenté ces temps-ci. Cependant, comme vous êtes un très bon et ancien client, nous vous proposons un taux exceptionnel à 15,5% » !
La dette publique de la France est celle d'une nation qui vit au dessus de ses moyens depuis 35 ans et qui abuse du crédit « revolving » avec la complicité de toute une population qui a bien voulu croire à l'invulnérabilité d'un État-paternaliste et protecteur.
Merci à Standard & Poors de nous ouvrir enfin les yeux et les oreilles !
4 commentaires - Ecrire un commentaire
|