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Mettons un tigre dans notre moteur


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Trémeau Bernard - dimanche 17 octobre 2004


Quand on augmente la création monétaire, on met plus d’argent à la disposition des entreprises ou des particuliers. Cet argent donne un pouvoir d’achat supplémentaire à tous ceux qui en disposent, la consommation et les investissements augmentent. Le PIB grimpe. Cet argent nouveau est le tigre qu’on met dans le moteur de l’économie.
Mais cet argent nouveau, cette création monétaire, peut avoir un inconvénient majeur. Quand la demande est supérieure à l’offre, l’inflation apparaît. L’argent perd alors de sa valeur. Le tigre qui faisait progresser le PIB de 6 % en rugissant, devient un chat qui fait progresser le PIB de 2,5 % en miaulant…
Quand le tigre rugit, les revenus de tous les individus, donc des pauvres, augmentent de 6 %. Quand le chat miaule, ils n’augmentent que de 2,5 %.
Quand la monnaie nouvelle n’est injectée que dans le porte-monnaie des ménages, elle n’augmente pratiquement que la demande. Elle est donc très inflationniste, le tigre se transforme automatiquement en chat. Quand la monnaie nouvelle n’est injectée que dans les caisses des entreprises, elle est utilisée de différentes manières. Le capitaliste peut en mettre plein ses poches ou les salariés peuvent obtenir des salaires plus élevés. La demande va encore augmenter sans que l’offre n’augmente : l’inflation apparaît. Mais quand les entreprises utilisent l’argent nouveau mis à leur disposition pour acheter des machines plus performantes, pour investir, il n’y a pas d’inflation. Au contraire les prix baissent sous l’influence de la concurrence. Et aujourd’hui, avec la mondialisation, la concurrence des Allemands, des Américains ou des Chinois, ça existe ! L’argent ne perd plus de sa valeur, il en gagne au contraire. Le tigre peut rugir encore plus fort.
Quand le tigre reste dans le moteur, le PIB grimpe, le chômage diminue, et les revenus progressent. Quand le PIB stagne, le revenu des pauvres stagne et le chômage augmente.
Dans la démocratie répartitive à la française, les gouvernements ont un objectif majeur : corriger les inégalités issues du Marché, pour introduire plus de « justice sociale ». Toute une série de lois contraignent en France l’entreprise à donner plus d’argent à ses salariés. Le SMIC ou le 1 % du chiffre d’affaire d’EDF en sont les exemples symboliques. Quand l’entreprise dispose de la monnaie nouvelle, celle-ci est automatiquement canalisée vers le porte-monnaie des salariés. Seule la demande augmente. Quand la loi contraint les entreprises à ne travailler que 35 heures payées comme 39, l’offre baisse de 11 % alors que la demande reste stable. Quand, par tous les impôts qui frappent les riches, on fait fuir les capitaux, les entreprises ne disposent plus des capitaux. Elles n’investissent plus. L’offre stagne au lieu d’augmenter.
Dans tous ces cas, l’État contraint le tigre à rugir moins fort. La démocratie répartitive à la française est un non-sens économique. Elle augmente la demande, tout en réduisant les capacités de l’offre. Il est normal qu’elle échoue lamentablement.
Il est une façon plus efficace d’augmenter les revenus des pauvres. Levons sans hésiter toutes les contraintes inflationnistes qui pèsent sur notre économie. Deux exemples :
- le SMIC transforme en chômeurs tous ceux qui rapportent moins que le SMIC à leur employeur. Supprimons le SMIC et remettons au travail tous les chômeurs créés par le SMIC. L’offre va augmenter plus que la demande, les prix vont baisser. Le tigre va rester dans le moteur.
- l’ISF pousse en dehors de France les capitaux. Supprimons l’ISF. Les capitaux reviendront, les entreprises investiront, les salariés auront un outil de travail plus performant, donc des salaires plus élevés. Les effets pervers du SMIC ou de l’ISF sont bien supérieurs aux effets espérés. Ces deux lois sont, finalement, des lois anti-sociales.

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En bref
PIEDS-NOIRS

Le 1er novembre marquera le 50e anniversaire du déclenchement de la révolte des rebelles algériens contre l’occupation coloniale française. Les pieds-noirs sont de plus en plus nombreux à revenir en pèlerinage sur les terres qu’ils ont dû quitter dans les années qui ont suivi. Ils étaient 2 000 à faire le voyage en 2003, et 4 000 pour le seul premier semestre 2004.

 

Chiffres significatifs

INDIENS Un musée national des Indiens d’Amérique a été inauguré à Washington le 21 septembre. Le sénateur républicain du Colorado, Ben Nighthorse Campbell, 71 ans, était présent. Depuis 1990, 562 tribus sont officiellement reconnues. La nation indienne, estimée à 30 mil-lions d’habitants avant l’arrivée des blancs, est tombée à 250 000 au début de xxe siècle. Elle serait aujourd’hui de 2,5 millions, et pourrait doubler d’ici 2050.

ÉTUDIANTS  En France, 10 % des étudiants sont étrangers. C’était 7,7 % il y a quatre ans. La proportion est la même en Allemagne, en Grande-Bretagne et en Belgique. Ils ne sont que 3,7 % sur les campus américains.

CATÉCHISME  Chaque année la proportion des enfants suivant des cours de catéchisme, entre 8 et 12 ans, diminue de 1 %. C’était 44 % d’une classe d’âge dans les années 80. C’est maintenant 30 %.

CAFÉS  En France, on compte un restaurant McDo pour 70 000 habitants. C’est 1 pour 20 000 aux États-Unis. Mais chez nous, il y a encore un bar-café pour 800 habitants…

PHOBIES  22 % de nos concitoyens ont peur des animaux, 20,4 % ont peur du vide, et 13,2 % ont peur en avion.




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