Chataigner Frédéric - samedi 24 juillet 2004
Dire que M. Michael Moore ne nous inspire aucune sympathie relève de l’euphémisme ; cela ne nous a pas empêché d’aller voir son dernier film « Fahrenheit 9/11 ». Retour sur images… Cela débute par un scoop : c’est la chaîne Fox News qui a fait élire Bush en 2000 ! Bien sûr, tout comme TF1 a fait la campagne de Le Pen en 2002, c’est évident… On continue en nous présentant George W. Bush comme un dilettant, un pauvre bougre préférant la pêche et le golf à la gestion des affaires de l’État un peu comme Louis XVI qu’on disait plus préoccupé par la chasse et le bricolage dans son atelier de serrurerie. Bigre ! Une chance : notre homme ne réclame pas la guillotine pour Bush, du moins, pas encore ! Cela empire lorsque Moore passe au crible les liens Bush/Ben Laden, insinuant au passage que le président américain pourrait bien être impliqué dans la tragédie du 11 septembre. Rien que ça ! Mais c’est au moment ou le « cinéaste » aborde l’affaire irakienne qu’il franchit les bornes du sordide : c’est entendu, avant l’arrivée des méchants Yankees, il faisait bon vivre dans l’Irak de Saddam ! Les images que nous livre Michael Moore - des enfants irakiens insouciants jouant au cerf-volant et au toboggan - renvoient directement au pire film de propagande nazi, « Le Führer donne une ville aux Juifs », qui présentait le camp de Terezin (Tchécoslovaquie) comme un village de vacances pour les déportés ; quant à l’intervention US proprement dite et ses suites, c’est un insipide cocktail genre Al Jazira/Guignols de l’Info, visant à nous convaincre que Bush est le « boucher de l’Irak » ! Saddam, connaît pas… Ajoutez à cela le ton méprisant utilisé pour désigner les petits pays alliés des Américains en Irak, sous-entendu : « seuls des minus soutiennent l’intervention ». N’en déplaise à M. Moore, ces pays méritent le respect, tout comme les grands alliés de l’Amérique - Royaume-Uni, Espagne, Italie - qu’il ne daigne même pas citer ! Vous l’aurez compris : « Fahrenheit 9/11 » est une véritable infamie sur pellicule ; qui plus est, affligée d’un rythme soporifique (on baille, on s’ennuie à la mort, disons même : à la Moore) et d’un montage qui vous flanque la migraine (prévoyez l’aspirine, c’est un conseil d’ami). Mais c’est une infamie dont le but est clairement affiché : mettre le président sortant à la porte le 2 novembre prochain. C’est évident, Bush parti, plus de guerres, plus d’attentats, tout ira bien dans le meilleur des mondes ! Espérons que son attente sera déçue, et comme dirait un certain Lionel, qu’il assumera la responsabilité de cet échec (à faire battre Bush) et en tirera les conséquences en se retirant du cinéma américain. Mieux encore : en se retirant tout court…
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