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Michèle Alliot-Marie pour Chirac contre Sarkozy


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Rouxel Jean - jeudi 04 janvier 2007

ump, sarkozy, presidentielles
Dans une récente interview à « Sud-Ouest », Michèle Alliot-Marie a annoncé son retrait de la course à l’investiture à l’UMP, sans exclure une candidature indépendante. Elle ferait connaître sa décision d’ici au 14 janvier.

Ne décollant pas dans les sondages, elle ne peut guère espérer gagner la présidentielle de 2007. Elle aurait pu concourir pour l’investiture de l’UMP, obtenir un score honorable – 15 à 20 % – et se rallier au vainqueur, Nicolas Sarkozy, contre la promesse d’un important portefeuille ministériel. Elle préfère menacer de se présenter en dehors de l’UMP. Sa candidature ravirait un nombre significatif de voix à Sarkozy : cet écrêtage s’ajouterait à celui infligé par un autre candidat de la droite gaulliste, Nicolas Dupont-Aignan - souverainiste et antieuropéen, contrairement à Alliot-Marie. Ces soustractions de voix interdiraient à Sarkozy l’accès au second tour, si Jean-Marie Le Pen obtenait ses 500 parrainages et entrait en lice : c’est ce dernier qui affronterait Royal. De quoi ravir Jacques Chirac, qui déteste Sarkozy. Jadis, il sapa ses rivaux, parmi lesquels Chaban. Et Giscard : en 1981, il fit voter Mitterrand au second tour, en sous-main.

Cependant, il est peu probable qu’Alliot-Marie confirme sa candidature le 14 janvier. Elle préférera sans doute réserver sa réponse jusqu’à la fin février ou la mi-mars, pour maximiser ses chances. En outre, on ne l’imagine pas se déclarant candidate avant que Chirac ait annoncé sa décision. Lors des vœux de Nouvel an, il ne l’a pas fait. Il le fera au cours du premier trimestre, le plus tard possible : il espère un sursaut de popularité né de l’actualité internationale. Le maintien par Alliot-Marie de sa candidature lui ferait endosser la responsabilité de l’éventuelle défaite de Sarkozy.

Son but ? En ne briguant pas les suffrages des militants dans le cadre de la primaire UMP, elle prive Sarkozy d’un concurrent. Il y sera seul, l’emportant avec un score de dictateur, nuisible à sa légitimité. Elle dit s’être soustraite à cette primaire parce que les nouveaux adhérents ont été recrutés pour voter Sarkozy. Et surtout, sa menace de candidature sauvage, la libérant de l’obéissance au programme du chef du parti, lui permet de proposer, à droite, une alternative « gaulliste » et « sociale » au sarkozysme. Elle se place pour l’après-présidentielle : si Sarkozy est battu, elle pourra essayer de reprendre la tête de l’UMP, donc de l’opposition.

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