Rouxel Jean - mercredi 02 mars 2011
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Dimanche 27 février au soir, Nicolas Sarkozy a annoncé le départ du gouvernement de Michèle Alliot-Marie, son remplacement par Alain Juppé, lui-même remplacé par Gérard Longuet et une sorte de curieux chassé-croisé entre les deux fidèles Brice Hortefeux et Claude Guéant, à l’Élysée et à l’Intérieur.
Ce qui est certain, c’est que la situation politique était intenable. Au moment même où la situation devenait incontrôlable au Proche-Orient, la diplomatie française n’était plus gouvernée : la ministre était empêtrée dans des révélations en cascade et les ambassadeurs, issus de ces trop fréquentes nominations par le fait du prince, accumulaient les bourdes.
Il est clair aussi qu’Alliot-Marie a payé pour un état de fait dont elle n’était pas entièrement responsable. Certes, ses maladresses ont aggravé la situation, mais ce n’est pas elle qui a inventé les liaisons malsaines de la France avec ses ex-colonies. À ce propos, 2012 sera une campagne particulièrement intéressante à suivre, puisque, pour la première fois, il est probable qu’un assez grand nombre de financements occultes se trouvent taris en même temps. Quelles en seront les conséquences ? Nul ne le sait et cela explique peut-être que les politiques soient si nerveux.
Qu’est-ce que ce remaniement va changer ? Globalement, rien du tout. Mais, dans le détail, pas mal de choses.
Alors que François Fillon sortait triomphant du précédent remaniement, il est cette fois le grand absent.
Face à lui, le grand vainqueur est Alain Juppé. Ce qui n’est pas bon signe. Juppé est l’archétype du technocrate ignorant tout du peuple de droite, qui nous a conduits au désastre électoral que l’on sait en 1997, après avoir magistralement « planté » la réforme de la Sécurité sociale et augmenté les impôts dans des proportions inconnues. Brillante intelligence, grand serviteur de l’État, sans aucun doute, mais une calamité politique !
Nous pouvons, bien sûr, nous réjouir que le gouvernement soit moins monocolore qu’avant, avec l’arrivée du libéral Longuet. Pourra-t-il être le porte-voix de cette droite, trop souvent mise de côté par les gouvernements RPR, puis UMP ? Nous verrons bien, mais cela devient urgent.
Reste une conséquence annoncée (mais loin d’être certaine à l’heure où j’écris) de ce remaniement : l’arrivée de Jean-Claude Gaudin à la tête du groupe UMP du sénat en remplacement de Gérard Longuet. Et la majorité aura bien besoin de l’expérience d’un vieux routier comme lui pour garder le sénat en septembre …
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