Aftalion Florin - mardi 06 novembre 2007
ecologie
Diminuer les émissions de gaz carbonique est une priorité absolue. Malheureusement, les propositions du Grenelle de l’environnement ne vont pas assez loin. Il existe une source importante de ce terrible polluant dont l’aréopage réuni par Monsieur Sarkozy ne semble pas se soucier : la respiration.
Celle des humains émet autant de gaz carbonique que toutes les automobiles de la planète réunies. Chacun d’entre nous expire en moyenne 900 grammes de gaz carbonique par 24 heures. Soit pour l’ensemble de la population mondiale qui est de 6,7 milliards d’individus un total de 2,2 109 tonnes par an ! Comme il circule de par le monde quelque 600 millions de véhicules équipés de moteurs à combustion interne, ceux-ci produisent à peu près la même quantité de gaz carbonique (en admettant qu’ils émettent en moyenne 0,2 kg de gaz carbonique par kilomètre en roulant 20,000 km par an) que l’ensemble de la population humaine. CQFD. Alors pourquoi réduire la production de CO2 des voitures et pas celle des humains ? Une molécule de gaz carbonique est une molécule de gaz carbonique quelle que soit son origine !
L’idéal serait que nous consommions moins d’air en sautant une inspiration sur cinq. Nous atteindrions l’objectif du nouveau Grenelle qui impose une diminution de 20 % de la production de gaz carbonique à l’horizon 2020. Hélas, les spécialistes me disent que cela est impossible. D’accord. Mais il est tout à fait possible d’éliminer les émissions excessives. Les 900 grammes de production quotidienne par tête ne représentent qu’une moyenne. Des efforts physiques entraînent une plus forte production d’énergie avec transformation d’oxygène en gaz carbonique. Ce sont de tels efforts qu’il faudrait réguler. Il conviendrait d’interdire les sports à tous les niveaux (professionnel et amateur). Comme il est à craindre qu’ils soient pratiqués subrepticement nous devrions réglementer la vitesse de déplacement des piétons (le jogging pouvant être sanctionné par des peines sévères).
Les émissions de dioxyde de carbone provenant des personnes en surcharge pondérale sont excessives. Comme les Français plébiscitent à 61 % l’imposition d’écopastilles sur les voitures polluantes, pourquoi ne pas les faire porter aussi par les obèses (qui devraient se coudre une pastille jaune sur la poitrine). Les anorexiques bénéficieraient de primes.
Je dois aborder ici un sujet délicat : nos excréments. Comme ils se décomposent en lâchant du gaz carbonique (représentant environ 5 % de celui résultant de notre respiration), il conviendrait de ne plus les évacuer par les égouts. Chaque individu devrait les disposer dans des sacs en papier recyclé paraffiné scellés et collectés par les mairies afin d’être enfouis au fond de mines désaffectées et recouverts chaque jour d’une couche de ciment. Nos cadavres, en se décomposant, dégagent aussi du gaz carbonique et devaient subir le même traitement (mais pourraient être enfouis dans des mines différentes).
Malheureusement, l’homme n’est pas le seul animal qui pollue par le simple fait d’exister. Les bovins sont 1,5 milliard sur notre planète. Une vache produit à peu près autant de gaz carbonique qu’une voiture (plus même en comptant la décomposition de ses déjections). Les vaches dans leur ensemble produisent davantage de gaz carbonique que les hommes et leurs voitures réunis ! Et en plus, en ruminant, elles dégagent du méthane, autre gaz à fort effet de serre. Un contrôle social adéquat devrait s’exercer sur ces bestiaux. Surtout sur les vaches suisses, dont le lait va dans le chocolat (qui fait grossir, donc produire du CO2 en excès).
Une taxe à l’importation des biens helvétiques (en particulier du chocolat) devrait apprendre à nos voisins à mieux respecter l’environnement. Il en va de même des porcins. La Chine, qui en élève beaucoup, devrait être punie fiscalement à l’instar de la Suisse. Mais les pays musulmans (et Israël) qui, religion oblige, ne mangent pas ces animaux, donc ne les élèvent pas, pourraient bénéficier d’aides écologiques idoines. Il n’y a pas de raison que les ovins, les chevaux et tous les autres animaux domestiques ne soient l’objet de réglementations citoyennes.
Je n’ai fait ici qu’esquisser quelques modestes propositions qui ne couvrent pas, loin s’en faut, tout l’immense problème de la production de gaz carbonique d’origine respiratoire. Les mesures à prendre devraient en fait s’étendre à toute la sphère animale. Chers lecteurs, sauvons ensemble la planète (du ridicule).
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