Lance Pierre - dimanche 10 avril 2005
Les péripéties de la directive Bolkestein ont mis en lumière la contradiction fondamentale que l’Union européenne ne parvient pas encore à résoudre, mais dont il lui faudra venir à bout tôt ou tard, et qui est l’incompatibilité totale entre le libéralisme et le socialisme. L’Europe en construction est, comme chacun sait, d’inspiration libérale, pour la simple raison que le libéralisme remporte dans le monde moderne une victoire incontournable. Tous les collectivismes ont fait faillite. Le communisme russe s’est effondré, suivi peu après du communisme chinois, qui n’est parvenu à sauver son apparence et son drapeau qu’en embrassant le capitalisme à pleine bouche. Quant aux partis socialistes occidentaux, lorsqu’ils sont au pouvoir, ils ne parviennent à s’y maintenir qu’en adoptant sans le dire une bonne part de libéralisme, et aussi parce que leurs adversaires de droite sont gangrenés eux-mêmes par une bonne part de socialisme, comme on le voit en France particulièrement. C’est pourquoi le mythe de « l’Europe sociale » a la vie dure, mais il ne pourra pas tenir très longtemps. Jacques Chirac a volé au secours de la chimère en obtenant une révision de la directive Bolkestein, qui cherchait tout simplement, et en bonne logique, à étendre le libéralisme européen à toutes les professions de services. Comment l’a-t-il obtenue ? En agitant à Bruxelles l’épouvantail d’un « non » français à la Constitution européenne. C’est-à-dire qu’il s’est servi d’un sondage favorable aux adversaires de sa propre position. Et je le soupçonne d’avoir dit aux autres dirigeants européens : Mettez la directive Bolkestein au frigo; vous pourrez toujours la ressortir quand la Constitution aura été adoptée. Il faut reconnaître que c’est de la bonne tactique politique.
La France sera libérale ou ne sera pas
Résumons la situation : le libéralisme mondial triomphant a déclenché une concurrence industrielle et commerciale internationale qui ne laissera aucune possibilité de survie à une quelconque « exception », qu’elle soit française, européenne ou autre. Aucun îlot socialiste ou socialisant ne pourra perdurer sur la planète sans être voué à une ruine absolue. Or, le système français dit « de protection sociale », plus ou moins partagé par d’autres pays développés, et qui consiste à faire payer aux plus consciencieux, aux plus sobres et aux plus travailleurs l’irresponsabilité des insouciants, des intempérants et des goinfres, n’est rien d’autre que du communisme sous sa forme la plus concrète. Il est donc inexorablement condamné. Ou plutôt, si nous ne le condamnons pas, c’est nous qui serons condamnés, car nous serons dans l’incapacité de résister à la concurrence commerciale des nations préservées de ce système aberrant. En France, quelques naïfs, parmi lesquels plusieurs ministres, s’imaginent qu’ils pourront faire durer la Sécurité Sociale à coup de réformettes. C’est de l’inconscience pure. Quiconque regarde un tant soit peu la télévision ne peut qu’être frappé de la pression constante exercée sur l’opinion, tant par les journalistes (soudoyés ?) que par les publicitaires dans le sens d’une médicalisation à outrance. On terrorise actuellement les jeunes mamans pour qu’elles infligent à leurs bébés le vaccin oreillons/rougeole/rubéole. On terrorise leurs mères pour qu’elles multiplient des mammographies elles-mêmes cancérigènes. À chaque automne, on vante à longueur d’antenne le vaccin contre la grippe, totalement illusoire, sinon néfaste, mais gratuit pour les vieux, donc payé par les autres. (Cet hiver, 2 millions 1/2 de grippés en France. En 2004, 9 morts de la grippe dans la maison de retraite de Sevran, tous vaccinés. En 2005, 13 morts de la grippe dans une maison de retraite de Meurthe-et-Moselle, tous vaccinés, etc.). Dernière trouvaille : on lance le dépistage de l’obésité. Vous pensiez qu’un gros se voyait dans la glace ? Détrompez-vous ! Il doit aller consulter un médecin pour savoir qu’il est gros et se nourrit comme un idiot. Et maintenant voici la folie du « médecin traitant » quasi obligatoire pour chaque assuré. Bref, tout est fait, chaque jour, pour que la médecine tentaculaire et remboursée ruine de plus en plus la nation et la rende incapable de tenir tête aux productions envahissantes des pays sans charges sociales. La France est malade de sa médecine et elle en mourra, sauf si l’Europe libérale l’arrache à ses démons. Voilà pourquoi je voterai OUI à la Constitution européenne. Et pour bien d’autres raisons dont je vous parlerai en temps opportun.
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