Delmau Jean-Pierre - mercredi 01 février 2012
euro, monnaie
La liberté d’opinion doit être respectée à tout prix. Elle ne doit cependant pas être invoquée pour travestir la vérité.
Par exemple, les démonstrations expérimentales lui échappent ipso facto. Ce n’est pas une « libre opinion » que de nier la loi de la gravité ou le principe d’Archimède.
Ainsi, la théorie selon laquelle une monnaie unique n’est pas viable dans une zone dont l’économie est structurellement non homogène, théorie présentée par Robert Mundell en 1961, a pu faire l’objet de toutes sortes d’objections, bien qu’elle fût étayée par la logique et des arguments sérieux.
Cependant, maintenant que l’expérience de dix ans de l’euro a démontré cette non-viabilité par la catastrophe actuelle, dont on ne sait même plus comment sortir, de telles objections ne sont plus admissibles. La méthode expérimentale, ici en grandeur réelle, permet d’établir une vérité avec certitude. Comme il ne peut, en aucun cas, exister deux vérités contradictoires, le contraire de la vérité est forcément une erreur, ce n’est plus une « opinion ».
On est donc frappé que de nombreux commentateurs et journalistes continuent, aujourd’hui, de raisonner comme si les faits n’existaient pas, comme s’ils discutaient une théorie incertaine. Certains, frappés par les manipulations malhonnêtes et réelles dont les monnaies ont récemment fait l’objet, prônent le retour à l’étalon-or.
Mais il faut bien rappeler que, depuis que la croissance économique est devenue très rapide (fin du XIXe siècle), l’étalon-or a toujours conduit à la récession. Le Franc Poincaré et l’échec du pool de l’or en 1968 sont encore dans la mémoire des Français.
Le désordre actuel vient du choix d’une déréglementation complète et du système de changes flottants, sans contrôles sur les mouvements de capitaux. Désormais, ces mouvements ne correspondent plus aux paiements des transactions internationales (marchandises et investissements), mais à la spéculation pure et simple, avec la bénédiction des banques centrales. Ce nouveau marché, alimenté par les capitaux non investis, dits « de court terme », procure d’énormes profits au système bancaire, mais déstabilise tout le reste de l’économie (on l’a vu avec l’opacité des produits dérivés dont certains sont clairement qualifiés de « toxiques »), et notamment les monnaies.
L’origine du mal est donc une mauvaise décision, et une malhonnêteté avérée dans la gestion monétaire. On peut être malhonnête aussi avec de l’or…
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