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Montée de l’islamisme en 2007


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Artur du Plessis Laurent - mercredi 10 janvier 2007

islamisme, terrorisme, irak
La pendaison de Saddam Hussein a été acclamée par les chiites, vengés d’un ennemi, mais désapprouvée par le reste du monde musulman, qui y a vu l’exécution d’un héros de la résistance à l’Occident. En plein chaos, l’Irak va vers son démantèlement en trois
L’Asie chauffe. L’Inde a subi de graves attentats islamistes, à Bombay, cet été. Les tensions avec le Pakistan et entre communautés hindoue et musulmane sur son propre sol, ne demandent qu’à se réveiller.

Inquiété par l’essai nucléaire nord-coréen et l’affaiblissement américain, le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, a promis cette année la tenue d’un référendum visant à réviser la clause constitutionnelle de renoncement à la guerre. Et le Japon songe à se doter de l’arme atomique. La Chine, lancée dans une intense course aux armements, ne concède rien : elle refuse de réévaluer sa monnaie, le yuan, déséquilibrant le commerce international à son profit.

Une correction baissière de l’économie mondiale, due à l’éclatement des bulles spéculatives - immobilière, obligataire - catalyserait ces tensions. 2007 s’annonce aussi tourmentée que 2006. parties - chiite, sunnite, kurde. Au Liban, le Hezbollah, soutenu par l’Iran, se réarme sous le nez de la Finul.

À Gaza et en Cisjordanie, s’affrontent le Hamas, soutenu par Téhéran, et le Fatah. Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, veut organiser des élections anticipées, et a décrété l’illégalité de la milice du Hamas. Des membres de celui-ci sont au Liban et en Iran, où des experts du Hezbollah et des Pasdarans (Gardiens de la révolution) iraniens les surentraînent en vue d’une confrontation avec le Fatah et Israël.

Les talibans se réapproprient l’Afghanistan, en s’adossant aux provinces occidentales du Pakistan. Dont le président, Pervez Musharraf, paye d’une grande impopularité son aide aux Occidentaux dans la traque d’Al Qaida. Au Maroc, les prochaines législatives entérineront une forte poussée islamiste. En Somalie, les « Tribunaux islamiques », refoulés, avec l’aide de l’Éthiopie voisine, par les forces qu’ils avaient chassées du pouvoir, fomentent une guérilla.

L’Iran a répondu à la résolution 1737 de l’ONU par la mise en service de 3 000 centrifugeuses supplémentaires. Certes, les élections municipales et celles de l’Assemblée des experts - qui surplombe le Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei - ont donné la victoire aux « pragmatiques ». Nombre de commentateurs occidentaux en ont promptement conclu qu’Ahmadinejad et Khamenei renonceraient à leur extrémisme. Erreur : le Conseil des gardiens de la Constitution et, pour les municipales, le ministère de l’Intérieur, filtrent les candidatures en fonction du dogme du velayat-e faqih (gouvernement du juriste théologien) de l’Ayatollah Khomeiny, qui subordonne le politique au religieux
Aussi les nouveaux élus ne s’opposeront-ils pas farouchement au régime des mollahs, protégé par les Pasdarans. Ce régime cherche obstinément son salut dans une politique radicale. Un assouplissement interne et une large ouverture à l’Occident le dissoudraient.

Si le directeur de l’AIEA, qui rendra au Conseil de sécurité de l’ONU un rapport dans un mois et demi, constate que l’Iran n’a pas obtempéré, de nouvelles sanctions seront envisagées, auxquelles la Chine et la Russie seront réticentes.
Deux escadrilles israéliennes se sont récemment exercées en vue d’un bombardement de la centrale nucléaire de Natanz, en Iran, avec des bombes à pénétration contenant de l’uranium appauvri, les « bunker busters ». Israël agira, si les États-Unis ne lancent pas une attaque aérienne des sites nucléaires iraniens, que Téhéran ne fait rien pour éviter : colloque sur l’Holocauste, remplacement du dollar par l’euro pour le commerce extérieur, accélération du programme nucléaire. La crédibilité de l’Amérique comme gendarme du monde, entamée par l’échec du maintien de l’ordre en Irak et en Afghanistan, et par l’essai nucléaire nord-coréen, serait complètement ruinée par l’impunité iranienne.

La majorité démocrate issue des élections du 7 novembre bride moins le président qu’elle ne l’avait annoncé dans la campagne. Et la détermination de Bush ne fléchit pas. Il veut envoyer 20 000 hommes de plus en Irak. Son candidat pour représenter Washington à l’ONU en remplacement de John Bolton, l’ambassadeur américain à Bagdad Zalmay Khalilzad, est un sunnite d’origine afghane, partisan d’une ligne très dure concernant Téhéran.
Il serait surprenant que Bush quitte la Maison-Blanche sans avoir détruit l’industrie nucléaire iranienne.


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