|
|
Montesquieu, juge du G20 |
|
Bonnal Nicolas - mardi 07 avril 2009
otan
Les incroyables décisions du G20 et les rodomontades du cartel socialo-financier (car il faut arrêter de penser qu’il y a d’un côté les marchés, de l’autre les gouvernements : même les idiots auront compris, depuis le plan Paulson, que la même canaille est aux commandes des deux tableaux de bord…) m’ont laissé pantois.
Pour sauver le système, il suffit d’imprimer du billet. On a déjà imprimé 1 000 milliards des deux côtés de l’Atlantique et on va en imprimer cinq fois plus demain. J’avais envie de demander à DSK, Trichet, Bernanke ou à Obama d’en imprimer pour moi : si c’est aussi facile, pourquoi se priver ? Et pourquoi ne pas imprimer un million d’euros ou de dollars pour en faire cadeau à chaque être humain ? Ce serait là un bon moyen de mettre fin à la crise, non ? On sauverait l’immobilier, les actions de la General Motors et tutti quanti, comme dirait Berlusconi, qui m’apparaît de plus en plus comme le seul grand homme politique du moment, génie de la commedia dell’arte convaincu d’être dans une guignolade sans égale.
Aussi laisserai-je la parole à un plus savant et habile écrivain que moi, Charles-Louis de Secondat, baron de la Brède et de Montesquieu, qui écrit, dans la vingt-quatrième de ses Lettres persanes, parues clandestinement il y a 300 ans, c’est-à-dire hier, les lignes suivantes :
« Le roi de France est le plus puissant prince de l’Europe. Il n’a point de mines d’or comme le roi d’Espagne son voisin ; mais il a plus de richesses que lui, parce qu’il les tire de la vanité de ses sujets, plus inépuisable que les mines. On lui a vu entreprendre ou soutenir de grandes guerres, n’ayant d’autres fonds que des titres d’honneur à vendre, et, par un prodige de l’orgueil humain, ses troupes se trouvaient payées, ses places munies, et ses flottes équipées.
D’ailleurs ce roi est un grand magicien : il exerce son empire sur l’esprit même de ses sujets ; il les fait penser comme il veut. S’il n’a qu’un million d’écus dans son trésor, et qu’il en ait besoin de deux, il n’a qu’à leur persuader qu’un écu en vaut deux, et ils le croient. S’il a une guerre difficile à soutenir, et qu’il n’ait point d’argent, il n’a qu’à leur mettre dans la tête qu’un morceau de papier est de l’argent, et ils en sont aussitôt convaincus. Il va même jusqu’à leur faire croire qu’il les guérit de toutes sortes de maux en les touchant, tant est grande la force et la puissance qu’il a sur les esprits. »
On connaît la haine qu’inspire la culture classique à Sarkozy et ses compères, qui pensent que Doc Gynéco ou que Johnny en ont à remontrer à Homère ou à Voltaire. Mais, en l’occurrence, on a droit à un hommage de la vertu au vice : c’est-à-dire de la littérature classique, méprisée par nos élites de ploucs mondialisés (c’est encore Berlusconi qui a compris le système : – Eh toi, le petit bronzé, a-t-il gueulé à Obama, où tu es que je te mette une grande claque dans le dos et qu’on nous tire le portrait ensemble ?), au sans-culottisme forcené de nos grands argentiers.
Car ceux-ci nous disent qu’ils peuvent injecter comme un venin autant de papier vert que nous en aurons besoin… Eh bien soit ! Puisqu’on nous le dit, et que cela se fait sans douleur… Après tout l’Angleterre a bien été dix fois en faillite avant d’en terminer avec Napoléon, non ?
Comme cette époque porcine ne me donne plus même envie de la commenter, je rappellerai que dans la même lettre, Montesquieu s’en prend à un autre magicien, le pape en personne, qui tantôt nous fait croire que trois ne sont qu’un, que le pain n’est pas du pain, ou que le vin n’est pas du vin, et mille autres choses de cette espèce.
La question demeure, que je pose en toute simplicité : pourquoi l’opinion, comme dirait Montesquieu, c’est-à-dire, les médias, comme dirait McLuhan, bénit les premiers magiciens, ceux qui font bonne impression, et diabolise le second ? Ne serait-ce pas parce que les premiers nous promettent une pornographie matérielle éternelle, quand le second nous conseille seulement l’abstinence sexuelle ?
En tout état de cause, j’espère que Berlusconi, toujours lui, était au bordel (casino, en italien) quand on ne l’a pas trouvé pour la photo finale de ce machin qu’on appelle l’OTAN : il restait le seul honnête homme de ces deux gang bangs successifs. Quant à l’œuvre de Montesquieu, on la mettra au bûcher, comme la Princesse de Clèves !
4 commentaires - Ecrire un commentaire
|
Économie
L’économie est désormais le troisième sujet le plus évoqué dans les journaux télévisés français, avec 11,5 % des sujets, contre 6,5 % en 2007.
Medias
Unita > Le quotidien communiste italien « L’Unita » est une nouvelle fois au bord de la faillite : il ne vend plus que 50 000 exemplaires, contre 200 000 dans les années 1970. La direction a prévu un plan de sauvetage entraînant une baisse des salaires allant jusqu’à 40 % : quand les communistes font du social, ils n’en font pas à moitié !
Managements > Le magazine « Managements » s’est vendu en moyenne à 132 000 exemplaires en 2008, dont 80 000 exemplaires en kiosque.
Presse > En France, la presse recueille 34 % du marché de la publicité.
Publicité > Les géants de la publicité ont bien résisté à la crise en 2008. Le premier reste l’américain Omnicom avec 13,4 milliards de dollars de chiffre d’affaires, 1 milliard de bénéfice net et 12,6 % de marge opérationnelle. Vient ensuite l’anglais WPP avec 7,5 milliards de livres de chiffre d’affaires, 439 millions de bénéfice net et 14,3 % de marge opérationnelle. Le troisième est l’américain Interpublic : 7 milliards de dollars de chiffre d’affaires, 265 millions de bénéfice net et 8,5 % de marge opérationnelle. Le premier français, Publicis, figure en 4e position avec 4,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires, 447 millions de bénéfice net et une marge opérationnelle impressionnante : 16,7 %. |
|
|
|