de Beaufort Hubert - dimanche 03 octobre 2010
En relisant l’ouvrage de Benoist-Méchin sur Lawrence d’Arabie, on ne peut s’empêcher de constater que la réflexion géopolitique est inséparable de la connaissance historique. Rappelons les faits.
Lawrence s’était porté garant en 1917, auprès des dirigeants arabes, que les peuples arabes pourraient disposer d’eux mêmes, comme l’avait promis le président Wilson.
C’était ignorer la politique. Dés 1916, Les puissances occidentales avaient décidé de se partager le Moyen Orient. Pour l’Angleterre la Mésopotamie, la Jordanie, la Palestine, pour la France la Syrie et le Liban. En outre, il était promis à Lord Rothschild de créer un foyer national juif en Palestine.
En 1919, Lawrence tente de soutenir l’émir Fayçal et les revendications arabes : peine perdue. Londres exercerait des pouvoirs souverains à Bagdad, à Amman, à Jérusalem, Paris à Beyrouth et à Damas.
L’Irak est un pays artificiel, institué pour BP, drapeau économique de l’Angleterre, n° 1 de la bourse de Londres qui finance, rappelons-le, 17 % des retraites.
L’Irak n’était viable que sous la forme d’une dictature, puisqu’elle imposait la suprématie de la minorité sunnite sur la majorité chiite et la minorité kurde. Saddam Hussein était certes un sanguinaire sans scrupule, mais l’abattre, c’était tomber dans l’anarchie constatée aujourd’hui. Nous l’avons annoncé : l’Histoire se venge toujours des insultes qui lui sont portées.
La France vaincue de 1870 n’a jamais admis l’annexion de l’Alsace Lorraine, peut-on croire que la Turquie ait admis son dépeçage ? Il est permis d’en douter.
Le Premier ministre Cameron plaide auprès d’Obama la cause de son ancien fleuron BP, comme en 1920. Mais l’Histoire ne se répète pas, elle avance et il faudrait seulement en retenir les leçons. Curieusement, aucun homme politique n’ose rappeler celle du Moyen Orient : cela pourrait être pourtant un salutaire devoir de vacances.
Hubert de Beaufort,
Avec l’aimable autorisation de Radio- Notre-Dame
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